La fille du pont remet la broderie au milieu du village

Si je vous dis « broderie », vous pensez quoi ? Vieux, ringard, poussière, kitch, la nappe de ma grand-mère ? Oui, moi aussi j’avoue, à première vue c’est ça qui me vient à l’idée. Mais la suite va peut-être vous faire changer d’avis.

Julie, et sa patience sans limite, c’est la fille du pont.

C’est en se lançant dans une formation en design textile qu’elle a découvert, au milieu d’autres disciplines,  une passion cachée pour les points, les fils et donc la broderie, manuelle, il va sans dire.

Ce n’était pas fort prévu dans le cursus mais les grands hasards font les belles choses. La voilà mordue par cette nouvelle activité, qui a su attiser sa curiosité et l’emporter bien au-delà pour notre plus grand bonheur.

Reprendre le temps, c’est bien de ça qu’il s’agit

Celle qui n’a curieusement aucune patience pour tricoter, peut rester la tête sur son ouvrage à aligner les points sans voir s’égrainer les heures. Dépoussiérer la broderie et la remettre au goût du jour, prendre le temps de créer une pièce, c’est un retour en arrière qui fait du bien. Dans un monde où tout est immédiat et accessible en deux clics dans les 24h, on savoure le temps d’attendre son cadeau, sa pièce, sa commande,…bref que sa broderie prenne forme. On retrouve l’impatience et l’excitation liée à cette curiosité de tenir le résultat entre ses mains.

« Broder partout tout le temps. »

Dans les transports en commun, au parc en été, toute minute est bonne à prendre. Sa passion lui donne cette capacité de s‘immerger et de faire abstraction de tout le reste. C’est un peu son polar quotidien, qu’elle a toujours hâte de terminer pour voir le résultat.

Si au fil des commandes, elle a pris la main, cela nécessite tout de même un temps considérable. Car il n’est pas question pour elle de passer de la broderie manuelle à la broderie sur machine. La version vintage sinon rien!

A l’attaque !

La base, c’est toujours un dessin ou une phrase qu’elle décalque car elle ne travaille pas « à bras levé ». Les dessins, motifs, phrases et messages, elle les puise dans son imagination, dans des magazines, des séries, des films. Libre à chacun de venir avec son modèle, sa propre illustration, et de lui soumettre pour réalisation.

Reste à choisir le support. Ici aussi tout est permis. Julie s’adapte, repousse ses limites, challenge vos idées les plus folles pour allier matières et broderies. Du tissu classique, au cuir en passant par le papier pour de jolies cartes postales à message, Julie relève les défis avec brio.

Ne reste plus qu’à choisir les couleurs, ou les tons que vous désirez, ou encore de lui laisser le champ libre.

La broderie en mode multifacette

Les basiques se prêtent à merveille à son travail que ce soit pour égayer et personnaliser un Tote bag, devenu le compagnon incontournable du quotidien, ou donner une touche funky à un t-shirt uni.  En pratique, vous amenez votre pièce, sinon elle vous propose des basiques fair trade sur lesquels elle brode ensuite.

« Enjoliver les défauts ou l’usure. Rendre la pièce unique. Dans une démarche zéro déchet et slowfashion. »

Mais ce n’est pas tout, la broderie est devenue un atout pour ralentir la fin de vie de certaines pièces. Elle peut servir à dissimuler une vilaine tache ou un petit trou dans votre pièce préférée. C’est d’ailleurs en voulant dissimuler une série de trous minuscules, que sa broderie a pris la forme d’une fleur grimpante.

          

Si vous la cherchez, elle est ici

Pour commencer, vous pouvez la suivre sur les réseaux sociaux, vous en aurez plein la vue.

Dans la vraie vie, vous pouvez la trouver à la Tricotterie lors des marchés de créateurs, où elle brode en live d’ailleurs. Un petit côté humain, amusant, intriguant, sensibilisant, bref, un bon moment pour tous.

En partenariat avec l’atelier Moondust, vous pouvez mettre votre patience à l’épreuve l’espace de quelques heures. Des ateliers d’initiation à la broderie sont organisés et pour en être informés filez sur sa page Facebook.

 

Bénédicte van Egeren

Dans l’atelier de Kim Verbeke

En plus d’être décoratif, c’est surtout très utile. La vaisselle en céramique vous habille une table et n’est pas plus fragile que l’ordinaire. Et ses composants sont au plus proche de la nature. La céramique a donc tout pour séduire! Kim Verbeke a accepté de me partager sa passion pour la terre et nous dit quelques mots sur cette technique ancestrale.

« On ne sait pas plaire à tout le monde mais si tu sais en vivre même à mi-temps, c’est déjà gagné »

Biologiste le jour, touche à tout le soir. Kim vogue entre l’univers de la photo, la création de bijoux et se laisse emmener le temps d’un stage dans les méandres de la poterie. Tant et si bien, qu’à l’issue de ce dernier, elle attaque les cours du soir pendant trois ans ! La poterie est donc venue au fur et à mesure. D’un côté, il y a la variété des choses à faire. De l’autre, il y a obligation de respecter un certain rythme. C’est aussi synonyme de retour au respect de la matière, et ça oblige à freiner les choses.

 « Il y a quelque chose de magique de partir de la terre et d’avoir in fine une pièce, qui est utilitaire et 100 % toi. »

La poterie, chacun sa technique

Un œil non aguerri pourrait s’y tromper mais la poterie, ce n’est pas moins de trois techniques ! Et oui, rien que ça.  Chacune exige une maîtrise différente de la terre, et des ustensiles pour la travailler. Il y a la technique du tour qui consiste à faire tourner la terre jusqu’à obtention de la forme / objet désiré. Celle des plaques qui consiste à donner forme à la terre en la coinçant entre deux plaques. Et enfin celle des boudins, encore appelée colombage, où on superpose une série de boudins que l’on solidarise et puis qu’on lisse jusqu’à obtention de la pièce voulue.

Tourne, tourne, tourne

Kim a choisi la technique du tour, ce qui ne l’a pas empêchée d’essayer une année de colombage et de plaque.

« Le tour c’est quelque chose de magique, j’aime le volume qu’on sait réaliser en quelques « tours » de main. »

Le tour demande un niveau de relaxation et de concentration considérable, il faut être bien centré car la constance est de mise. Pour ce faire, elle prépare une vingtaine de « boules ». En général, les trois premières sont des « brouillons ». Après elle attrape l’œil et arrive à en faire plusieurs pareilles. Par contre ce qui est sûr c’est que réaliser deux pièces identiques, c’est juste impossible.

De la terre à l’objet

La céramique, finalement, c’est quelque chose de très naturel puisqu’elle se compose essentiellement de terre. Mais quelles sont les étapes nécessaires à un si joli résultat, à part énormément de patience…

Après avoir donné la forme à sa pièce, celle-ci doit faire un premier passage dans le four. Ensuite, application d’une couche d’émail, qui est optionnelle puisque c’est surtout une question de rendu. Et retour au four pendant 12h. La chaleur devant augmenter par palier pour atteindre les 1250 degrés, la totalité du processus peut donc prendre jusqu’à trois jours.

Des mois de tests plus tard, ce travail délicat induit toujours son lot de ratés. On n’est pas à l’abri qu’une pièce pète un plomb, et ce même lors de son dernier passage dans le four.

Matière naturelle et locale

Les terres utilisées proviennent d’endroits variés. L’origine est toujours connue et certaines carrières ouvrent leurs portes pour une petite visite.

Kim a sélectionné quelques terres qui lui permettent entre autre de faire de la porcelaine, du beige, du gris moucheté et du noir. A cela se combine, les émaux. Qui sont soit transparent soit de couleur et qui influent la texture et le rendu de la pièce.

Des rencontres & des collaborations

Que ce soit culinaire ou décoratif, Kim a décroché de chouettes collaborations qui lui ont permis de persévérer dans son magnifique projet.

Un resto, une boutique de plantes pour des cache pot exclusif, de chouettes vitrines quand on débute ! et l’emballement des réseaux sociaux pour couronner le tout…

 « Il y a des gens que tu rencontres et qui sont « tes » déclics. Ils te donnent la chance, et sont tes tremplins »

100% sur commande

Rien n’est en stock mais tout est réalisable ! Service complet, tasses, bols ou encore pichet et saladier. Il suffit d’un tour à l’atelier pour commander la vaisselle qui vous ressemble le plus. C’est le moment de laisser aller votre imagination !

Il n’est pas exclu qu’un webshop voit le jour, mais uniquement avec ses jolies tasses à thé et à café.

Bénédicte van Egeren

Bonheur! Isabelle Arpin partage sans compter sa passion pour la gastronomie

Ce n’est pas dans mes habitudes de vous parler food, bonnes adresses,… Mais voilà, il y en a dont on ne peut s’empêcher de pousser la porte pour en savoir un peu plus. Quand on s’attable au resto, on oublie parfois que beaucoup de mains passionnées s’agitent en coulisse en mettant tout leur cœur pour nous faire passer un agréable moment. C’est donc tout naturellement que je vous présente une femme cheffe tout sourire, remplie de dynamisme et de créativité, opérant dans le monde gastronomique bruxellois.

Là où on ne l’attendait peut-être pas…

Elle nous vient de la frontière française et a jeté son dévolu sur la ville d’Ostende dès son adolescence. Mais comment est-elle arrivée dans les prestigieuses cuisines bruxelloises ? Son diplôme de finances en main, Isabelle se donne le temps des grandes vacances pour se mettre sérieusement en quête d’un job. Lorsqu’une connaissance lui propose de donner un coup de main dans son petit resto en France, elle accepte.  Prise au jeu, elle se donne à fond et y restera finalement un an. Elle ponctuera son expérience par une année dans une école hôtelière, sa voie semble réorientée ! C’est dans les cuisines ostendaises qu’elle donnera le coup d’envoi de sa carrière gastronomique.

D’Ostende à Bruxelles

Après 18 ans dans sa ville de cœur, elle prend la route de Bruxelles, où elle a bien failli ne pas s’arrêter, et s’envoler pour l’Asie.

© Laetizia Bazzoni

Pesant toutes les propositions reçues, son choix se portera sur le challenge lancé par le restaurant Alexandre : reprendre les commandes de la cuisine et ramener l’étoile perdue. Une fois le défi relevé avec brio, une nouvelle opportunité se dessine pour elle : faire tourner la cuisine étoilée du WY (du chef Bernard de Poorter). Elle y maintiendra l’étoile, enrichira son expérience et assoira confortablement sa notoriété. C’est il y a un an à peine que le restaurant, abrité dans le salon Mercedes du Sablon, fermera dû au déménagement du salon.

Stabilité versus liberté

Le monde gastronomique s’agite, les spéculations vont bon train. Où la retrouvera-t-on ? Va-t-elle monter son propre établissement ? Non, pas cette fois ! Elle saute d’un évènement à l’autre, profite de sa liberté. D’ailleurs, vous l’avez peut-être aperçue au détour d’un évènement tantôt grand public, tantôt intimiste, de Culinaria au Dinner in the Sky, en passant par des évènements champêtres, modes, sa curiosité l’emmène à cuisiner sur toutes les scènes, pour tout type et taille de public. Et tout en virevoltant, elle préparait bien discrètement son nouveau nid.

Le LOUISE 3 4 5

Si l’établissement n’est pas nouveau, l’arrivée d’Isabelle en cuisine a provoqué quelques remous. Sis comme son nom l’indique au 345 de l’avenue Louise, il faut sonner pour y accéder. Rien n’indique ce qu’on va trouver de l’autre côté de la porte. Accueil en gants blancs, trois pièces en enfilade, papier peint feutré et déco raffinée, cet antre luxueux vous accueille pour un moment suspendu.

Un style soigné et bien rôdé

Elle  a toujours eu le même style, qui s’est affiné au fur et à mesure. Ses assiettes sont d’une richesse incroyable : savant mélange de textures et de saveurs, couronnées par un visuel qui devient sa signature.

Aucun détail n’échappe à son œil vigilant, son équipe a appris à la connaître. Les légumes doivent être ni trop grand, ni trop petit, ni trop épais, bref à 2mm près on recommence jusqu’à atteindre la vision de l’assiette qui trotte dans sa tête. Bref, la perfection est un joli défaut !

Chers les gastronomiques et les étoilés ? Oui mais… ne croyez pas que c’est si rentable

Qualité ou quantité…il faut choisir ! Le nombre de couverts est souvent limité, tout ne peut pas être préparé avec beaucoup d’avance. Et après examen du contenu des assiettes. Entre la qualité des plats et le temps nécessaire à leur réalisation… on comprend un peu mieux les prix pratiqués.

Isabelle débute ses journées vers 8h30 et sort de sa cuisine aux alentours de 23h30 pour saluer les tables quand les derniers desserts sont envoyés. Et entre les services, elle place ses commandes, les rencontres avec les fournisseurs et répond à mes questions avant de courir à son prochain RDV.

Et que trouve-t-on dans ses assiettes ?

De tout ! Elle n’a pas de produit de prédilection mais si on insiste, elle choisit le topinambour pour le goût et la pomme de terre pour les variations infinies qu’elle offre mais surtout parce que c’est un produit qui se suffit à lui-même. Rien d’étonnant donc de retrouver une version revisitée de la traditionnelle volaille, pommes de terre, compote de pommes… Elle ne cache pas son goût pour la cuisine des produits simples et de qualité. Ses plats sont souvent agrémentés d’une touche asiatique que ce soit dans la garniture, l’assaisonnement, la sauce…..

Distribution des rôles, comment ça se passe ?

L’inconvénient quand on change de lieu, c’est qu’il faut bien souvent reconstituer son équipe. A l’exception d’une personne qui la suit depuis ses débuts à Bruxelles, elle compose depuis novembre avec une équipe toute fraîche.

On ne se rend parfois pas bien compte mais l’équipe s’active de grand matin pour effectuer la mise en place, et la préparation des légumes pour la journée. Pour le reste, tout est fait service par service, et ça prend énormément de temps. Chacun a ses tâches spécifiques, elle donne également un coup de main pour finir les préparations.

Isabelle est quasi non-stop en cuisine et n’hésite pas à venir passer sa tête dans la salle pour prendre la température.

Et pour que personne ne s’ennuie jamais….à table comme en cuisine

Le lunch tourne toutes les semaines et les menus du soir sont revus tous les mois. Vous pouvez développer tranquillement une addiction ! Ses cartes sont toutes des créations propres, qu’elle accorde ensuite avec le sommelier.

Et peut-être la question que tout le monde se pose, que mange-t-elle et où ?

Quand Isabelle troque sa veste blanche pour sa chemise en jeans, il n’est pas rare qu’elle franchisse la porte d’un restaurant gastro mais essentiellement dans le but de rendre une visite amicale. Car pour elle, ce type d’établissement fait plus penser au boulot qu’à la détente et son cerveau n’arrive pas à déconnecter. Au final, ce qu’elle préfère c’est tourner entre quelques simples et bonnes adresses. Rien de tel qu’une succulente pizza ! Mais surtout, quand elle a trouvé le plat qui lui convient sur une carte, elle ne le lâche pas pour un autre…

Bénédicte van Egeren

Encore des sweats ? Oui mais… ce sont des sweats « Pétronille »

Le confort du sweat oui ! Mais vous en avez peut-être marre du gris chiné ou du classico classique bleu marine ? Alors voici une toute jeune marque bruxelloise qui propose des sweats pour toute la famille et surtout des sweats qui donnent bonne mine, tant à l’éthique qu’à l’esthétique.

Quand les passions resurgissent

Perrine est le visage qui se cache derrière cette nouvelle gamme de sweats. Elle ne les a  pas seulement imaginés, elle les confectionne aussi. Architecte d’intérieur de formation, elle a d’abord exercé en tant que salariée pour ensuite passer freelance. C’est alors qu’elle a pu retrouver du temps et réapprivoiser sa machine à coudre qu’elle avait tant utilisé pendant son adolescence pour se confectionner sa propre garde-robe.

Aujourd’hui, elle gère donc ses deux casquettes qui se complètent et se nourrissent à merveille. Son besoin de variété est comblé, la couture lui permet de rester en contact avec le côté création et le toucher de la matière.

Et comme il faut un début à tout

Sa première pièce officielle répondait à une demande de sa copine qui recherchait le côté « confo » du pull du dimanche. Faut-il encore expliquer l’engouement qui a surgi ensuite ? Des proches fans (on les comprend) qui veulent chacun le leur. Et comme souvent, une petite âme qui poste sur les réseaux sociaux cette jolie nouveauté. Avec un retour de trente commandes, il n’y avait plus qu’à sauter dans l’aventure.

Bien plus qu’un sweat, une philosophie

Vu l’éventail de coloris proposés et les variations quasi infinies des finitions, Perrine a décidé de ne pas se lancer dans des stocks fous (on ne trouve donc pas tous les modèles dans toutes les tailles, en version hommes, femmes, enfants). C’est contre ses principes, c’est lourd à gérer, c’est risqué et puis c’est bien connu, on veut une couleur mais avec la finition du modèle voisin, dans la taille qui manque justement. Donc pour parer à ce genre de demande, quelques pièces constituent sont stocks et pour le reste, ben c’est simple, il suffit de demander ! Et ce sera assez rapide puisque c’est soit elle soit l’atelier situé pas plus loin que Nivelles qui le confectionnera.

« Le but est de répondre à un besoin, ne pas imposer une création mais plutôt en faire une excuse pour faire partie du changement de la façon de s’habiller éthique. »

A vos compositions : treize coloris, du tissage et des superpositions de matières

Si d’habitude on voit plutôt des pulls, tout fait, customisés, ici ce n’est pas le cas. Perrine part de grands rouleaux de tissus et les transforme petit à petit en pull. Elle essaye de simplifier un maximum les coupes pour que le temps de production diminue et que les pièces soient abordables. Car faire la promotion d’une garde-robe éthique mais inaccessible n’a aucun sens pour elle.

Ses finitions sont aussi sa marque de fabrique. Elle joue sur les empiècements, les tissus en lin sur lesquels elle appose des cachets, des poches, du tissage de couleurs variées. Bref, elle s’éclate en donnant libre cours à son imagination et adore réaliser de nouveaux prototypes.

L’importance de l’éthique dans la fabrication

Au niveau des matières premières, Perrine n’est pas encore arrivée à ce qu’elle voulait. Pour l’instant, elle travaille avec des tissus de super qualité mais qui ne sont pas estampillés bio. La variété de couleurs et la qualité qu’ils offrent sont sans comparaison par rapport au bio, dont les couleurs se veulent encore très classiques et trois fois plus chers, donc cela rendrait ses créations inaccessibles à une grande frange de la population.

C’est tout récemment qu’elle a commencé à travailler avec deux ateliers protégés en Belgique pour la confection des sweats. Grâce à cela, elle retrouve du temps pour développer de nouveaux modèles qui éclosent au gré de ses idées.

« Faire un prototype c’est génial mais ça demande du temps ! »

La ptite nouveauté ? Le cardigan en laine bouillie l’alternative au gilet tricoté, qui nécessite un temps de réalisation considérable. Et un coût tout aussi conséquent pour le consommateur !

Vous avez encore un mois pour passer de l’autre côté de la machine

Pétronille occupe en ce moment le local de l’Auberge espagnole, dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Associée à LARCH pour l’occasion, c’est sous le nom d’Ethic Lab qu’elle vous accueille avec des ateliers, des expos,…jusque fin mars. La cerise sur le gâteau ? Les ateliers qui sont proposés ! Il est possible de venir faire son propre sweat et de repartir avec après quelques heures de travail. Une manière de sensibiliser au temps et travail requis pour réaliser une pièce, et donc au prix du produit fini. Prenez votre garde-robe en main et foncez voir les prochaines dates !

Bénédicte van Egeren

Le vrai made in Belgium dans la mode n’est pas mort, Natacha Cadonici nous l’explique!

Si on faisait un petit tour dans la mode féminine belge, mais loin du renouvellement chronophage des collections et nouveaux modèles qu’on n’a pas le temps de porter, avec une marque bruxelloise et sa patte reconnaissable entre mille. Une rencontre pleine de peps avec Natacha Cadonici.

Le hasard fait bien les choses

Bien qu’on puisse le penser, Natacha n’a pas évolué dans le monde du stylisme dès les prémices de sa carrière. Après des études plutôt littéraires, ce n’est que quelques années plus tard qu’elle se lance dans des cours du soir avec un seul objectif, apprendre à coudre et maîtriser la technique. C’est en s’appuyant sur cette dernière qu’elle atteint la créativité qui lui permet de faire naître ses idées et développer de nouveaux modèles.

En 2006, la voici officiellement styliste. Dans un premier temps, elle réalise surtout sa propre garde-robe en se cherchant encore un peu. Rapidement, elle a pu exposer ses réalisations et commencer à se faire connaître via quelques points de vente. La voilà donc lancée comme styliste en confectionnant sa collection entièrement seule dans son petit atelier bruxellois.

Que l’aventure commence

C’est Rue van Artevelde, à quelques pas de la rue Antoine Dansaert, qu’elle se lance en ouvrant son propre atelier-boutique. Elle y installe son coin couture et produit donc ses pièces sur place. Si à ses débuts, elle déléguait une infime partie de sa production à un atelier bruxellois. A l’heure actuelle, cette partie est devenue plus importante, elle ne coud presque plus, mais la confection reste belle et bien bruxelloise, pas question de l’exporter.

Elle passe petit à petit des pièces uniques, sur-mesure à la confection d’une collection, de plusieurs pièces mais surtout à une nouvelle façon de travailler. Diviser son temps entre la création, la production et la vente.

Féminine, élégante mais surtout portable et confortable

Ce sont les mots qui décrivent ses pièces. En travaillant des matières faciles à entretenir et agréables à porter, elle en fait une mode de tous les jours qui allie style, unicité et quotidien. Ses hauts se trouvent à la croisée du t-shirt et du chemisier. Ils ont la particularité d’être réversible, l’encolure se portant devant ou derrière en fonction de son humeur. Ses créations sont un heureux mélange de jersey, de couleurs et de « bords côtes* » uniques. Ces derniers sont sa marque de fabrique et on les reconnait facilement.

Objectif accompli donc pour Natacha qui voulait : « faire un vêtement qui rende la femme belle, féminine et qui soit confortable tout en se démarquant ».

Les textures, les bords côtes et les couleurs

Si elle ne s’encombre pas de nouveaux patrons tous les six mois, Natacha joue sur les couleurs et les finitions de ses modèles « basiques ». Sa signature réside sans aucun doute dans les détails des bords côtes qu’elles exploitent sous toutes ses coutures. Couleurs, largeurs, formes,…toutes les combinaisons possibles et donnent naissance à des modèles uniques à chaque saison.

Mais la partie la plus difficile, pour elle, c’est de se fournir. Le grand obstacle des « petits » créateurs ce sont les quantités car le minimum exigé par commande est énorme. Tous ses tissus proviennent d’Europe, principalement d’Italie, d’Autriche et du Portugal.

Ses bords sont faits sur mesure, dans une petite entreprise familiale en France, selon ses besoins et ses nouvelles idées de création.

 « Ce n’est pas parce qu’on fait le métier qu’on aime qu’on ne gagne rien ! » 

C’est le message que Natacha lance. Et oui,  il y a moyen de s’en sortir, tout en se fournissant et en produisant localement. Pour un bon produit, ça demande beaucoup de gestion, d’organisation de plusieurs aspects dans un temps imparti et un nombre de choix que ce soit celui des produits mais aussi des choix plus stratégiques (de marketing, de localisation,…).

« Tous les créateurs ne sont pas pauvres. En faisant des petites collections, il y a moyen de gagner confortablement sa vie. Le succès tient aussi à la personnalité et à ce que tu proposes. »

Mais surtout, ne pas négliger l’importance de bien s’entourer. Que ce soit l’atelier, les producteurs de tissus, la stratégie marketing ou la réalisation du site web… tous ces acteurs s’intègrent et jouent un rôle considérable pour une marque, son développement et sa pérennisation.

Pas de collection à des rythmes insoutenables

Mais des nouveautés quand même. Au niveau de ses pièces, elle cherche à intégrer des variations dans les tissus tels que la maille tricotée , l’intégration de jeux de mot dans le vêtement, des collaborations pour des créations textiles avec un photographe, des recherches de nouveaux volumes avec la technique du drapé apprise auprès de LA spécialiste européenne, des collaborations pour de l’impression textile en 3D ou encore des accessoires qui complètent son univers, les bijoux d’Aurore Havenne ou encore la maroquinerie de Michael Guerisse O’Leary.

Sans oublier une vitrine et une com au top, résultats d’une recherche constante d’amélioration.

Petit coup de mou

Après 5 ans dans son atelier-boutique, elle ressent une lassitude amplifiée par ce travail en huis-clos. Il est temps d’opérer un changement. Pas loin de tout faire basculer, il y a plus d’un an, c’est le passage d’une stagiaire en com qui l’a reboostée en lui mettant le pied à l’étrier dans un univers qu’elle ne maîtrisait pas tout à fait en réalisant des vidéos, des romans photos et en intensifiant sa présence sur les réseaux sociaux. Sa clientèle la félicite et elle savoure ce changement né d’une belle rencontre qui marquera son univers professionnel.

Peu de temps après, pour remédier à l’essoufflement dont elle souffrait et au manque de passage, Natacha a décidé de changer d’endroit, de seulement quelques rues. Mais c’est là qu’elle se rend compte que la localisation n’est pas anodine et qu’elle joue un rôle très important dans la réussite d’une marque. Vous pouvez la retrouver entre la rue du Midi et de la place Fontainas.

Bénédicte van Egeren

*Bande de tricot extensible terminant les bords de certains vêtements

Les bonnes adresses pour shopper Belge en toute occasion

Elle complète la série des shops temporaires. Mais c’est surtout une liste à épingler dans ses favoris ! Et à ne pas hésiter à ressortir pour chaque occasion ! A chaque achat, vous contribuerez à une danse de la joie belge;-)

A BRUXELLES

Manneke : Exit le cheap et welcome le vrai et durable.

Tout fraîchement ouvert en plein cœur de Bruxelles, ils ont voulu aller à contre courant de la flopée de magasin de souvenirs et faire la part belle aux souvenirs locaux mettant en avant le savoir-faire d’ici et la diversité des talents.  Des produits de bouche au textile en passant par des accessoires et bijoux, sans oublié les bières brassées en petite quantité, un lieu qui ravira les habitants et ses touristes !

Belgopop: Le ptit nouveau dans le Grand Nord de Bruxelles

De l’artisanal et du belge, avec une sélection de boissons et de produits de bouche impressionnantes. Plus de 100 bières, du vin, des alcools, des jus, des biscuits, des miels, des sauces ainsi que des cafés & thés. Et comme on ne fait pas que boire et manger dans la vie, il y a aussi un peu de déco, des t-shirts, ….Rien que du bien de chez nous!

Ernest : Un shop de designers full of belgians designers

Ernest est à la fois un atelier et un magasin. Aux commandes, deux créateurs bruxellois qui mettent à l’honneur les bijoux et le cuir. A côté de leurs créations, on trouve une panoplie d’accessoires mais aussi des écharpes et des vêtements.

Hyp Store 

H.Y.P c’est l’histoire d’une rencontre entre 3 créateurs, de Hanh la styliste, Yseult la photographe et Pierre le designer. Du made in Europe & made in Belgium. Dont le cousin se situe Rue du bailly, sous le nom d’effet mérité.

Belgikïe & Belgikidsle pionnier dans le domaine

On ne présente plus cette boutique installée au cœur du quartier Saint Boniface dont le credo est l’achat responsable, la filière courte et donc le 100% made in Belgium! De nombreux produits pour tous les goûts et tous les âges (textile, bijoux, déco,…), vous avez l’embarras du choix.

Bel’Arte: les créateurs belges à l’honneur

Bien installé rue de Flandres depuis un petit temps déjà, vous y trouverez des produits originaux réalisés uniquement par des créateurs belges. Des bijoux, de la décoration, des luminaires design, des accessoires de mode, de la photographie, bref, un tas de choses bien sympathiques!

Belge une fois Concept Store: Marque & shop, le all in

Du shopping, une pause gourmande et parfois des animations culturelles, une combinaison gagnante pour un allier détente et shopping.

©Ernest Shop

EN WALLONIE 

Melting Pop: A Grez-Doiceau

Le Béwé à son spot belge! Des créations belges sous toutes ses formes: produits de bouche mais aussi bijoux, vêtements, déco, objets cadeaux. Une adresse et plein de conquis!

Bel’ywood: A Ohain

Attention, condensé de talents belges… orienté mode et accessoires. Bijoux de fantaisie ou pas, maroquinerie, écharpes, foulards, sweats, etc…

L’empreinte Belge: A Namur

La bonne adresse namuroise! Concept store 100% belge composé d’un espace créateurs agrémentés d’un espace petite restauration.

Wattitude & Wattitude Kids : A liège

Première vitrine du made in Wallonia, en plein cœur de la cité ardente. Wattitude propose exclusivement des produits conçus, créés et/ou fabriqués en Wallonie.

A vous de jouer, c’est vous qui votez en achetant…

Bénédicte van Egeren

 

 

Les Pop Up, ces mi-fixes mi-éphémères dont on perd parfois le fil

Les « faux fixes », alias les Pop Up Store, sont très pratiques car on peut y retourner si on a oublié quelque chose. Par contre, il faut suivre leurs mouvements! Ceux-ci sont tous ouverts jusqu’à Noël minimum. Je vous les résume ici…

A BRUXELLES

  •  Capsule Shop Galerie de la Toison d’Or: ouvert jusqu’au 23/12

C’est une toute première pour ce concept store éphémère, né de l’association de la marque Beseason & Lulu Home Interior. Il est entièrement dédié à la mode, à la décoration et aux marques majoritairement belges.

https://www.facebook.com/Capsuleshop.bxl/

  • Pop & shop dans le goulet Louise: les habituées du concept éphémère

La Belgique toujours à l’honneur que ce soit du textile, de la déco, des accessoires, pour les grands et les petits, impossible de repartir les mains vides!

https://www.facebook.com/Pop-Shop-610498659041272/

  • Créa’Pop à Stockel: ouvert jusqu’au 24/12

Déjà la dixième édition et toujours une offre variée de créateurs belges

https://www.facebook.com/creapop.be/

EN WALLONIE

  • Pop Up Store Mom’s Nivelles: ouvert jusqu’au 29/12

Ce sont une trentaine de membres de l’ASBL des Mompreneurs se sont associées pour vous proposer une nouvelle boutique éphémère à Nivelles et vous inviter à découvrir leurs univers : créatrices textiles ou de bijoux, artistes et illustratrices, graphistes, e-commerçantes, cosmétiques, aromathérapie…

https://www.facebook.com/momspopupstorenivelles/

  • Pop Up Store Mom’s Liège: ouvert jusqu’au 30/01

Ce sont une trentaine de membres de l’ASBL des Mompreneurs se sont associées pour vous proposer une nouvelle boutique éphémère à Nivelles et vous inviter à découvrir leurs univers : créatrices textiles ou de bijoux, artistes et illustratrices, graphistes, e-commerçantes, cosmétiques, aromathérapie…

https://www.facebook.com/Moms-Pop-Up-Store-Li%C3%A8ge-1780680035578796/

 

  • Atelier de Delphine Quirin à Liège :ouvert du 01/12 au 24/12

Une foule d’accessoires pour se tenir chaud (écharpes, bonnets, chapeaux,…), le tout en laine et entièrement réalisé à la main à Liège

https://www.facebook.com/delphinequirin/

Je vous souhaite un bon shopping responsable pimentés de milles découvertes!

Bénédicte van Egeren

Calendrier des marchés de Noël

La ville a revêtu ses habits de lumière, partout les guirlandes s’allument, pas de doute, le décompte a commencé. De plus en plus, fleurissent des initiatives locales comme alternative au shopping de masse. Mais comment s’y retrouver ? Car ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas un week-end de décembre sans un marché de Noël mettant à l’honneur des produits de créateurs. Mais comment ne pas se noyer dans le flot d’informations, retenir lequel aura lieu quand et surtout quels types de cadeaux on y trouvera ?! J’ai décidé de vous faciliter la vie et de compiler un petit calendrier des événements à venir pour tout le mois, à Bruxelles et en Wallonie. Par contre, c’est possible que certains manquent à l’appel….mais en tout cas, j’ai fait de mon mieux !

A BRUXELLLES

  • 30-01-02-03/12 à Boitsfort : Vente de Noël

Noël approche…Des idées cadeaux…36 exposants vous attendent

https://www.facebook.com/events/511159855908729/

  • 01-02-03/12 à Abbaye de Forest : marché de Noël

https://www.facebook.com/ForEvent.asbl/?hc_location=ufi

  • 03/12 à Uccle : Noel au naturel

Vous y trouverez des petits producteurs, des créateurs, des produits bio, naturels ou vegan …

https://www.facebook.com/events/125818921450405/

  • 06-09-10/12 à DROHME Labelle Christmas Market

Qualité des matières, originalité des pièces, production made in Belgium,…

https://www.facebook.com/events/269120400276494/

  • 08-09-10/12 à Bruxelles : La 4ème édition du marché de Noël du Re-creation Hall

L’occasion d’acheter autrement en choisissant des articles uniques, faits mains, fabriqués localement, éthiquement

https://www.facebook.com/events/322208261580695/

  • 15-16-17/12 à Schaerbeek : La 5ème édition du XMAS@La Lustrerie

Durant 3 jours une vingtaine d’exposants vous présentent leurs collections et les Foodtrucks prendront soin des gourmands

https://www.facebook.com/events/1920960158231205/

  • 16-17/12 à Schaerbeek : SLOW OH OH // Grande chasse aux cadeaux authentiques

Vente de noël dédiée aux cadeaux « slow ». Un évènement 100 % HYGGE, réservé aux jeunes créateurs et entrepreneurs qui remuent ciel et terre pour proposer des produits éthiques, qui ont du sens et une âme.

https://www.facebook.com/events/311182072696657/

  • 16/12 à Bruxelles: Christmas Designers Market

100% designers! Plus de 50 exposants

https://www.facebook.com/events/224111664759276/

EN WALLONIE

  • 01/12 à Soignies: Les emplettes de Noël : After Work festif au Monde de Rosy

https://www.facebook.com/events/427161734348483/

  • 02-03/12 à Namur : Marché d’oh elles

40 Créatrices vous font découvrir leur univers. De quoi alimenter vos sapins pour Noël ou simplement le plaisir d’offrir.

https://www.facebook.com/events/180835575806440/

  • 03/12 à Namur : Marché de Noël à l’arche de Noé

https://www.facebook.com/events/114759259283058/

  • 03/12 à Liège : Sapins et cotillons

https://www.facebook.com/events/1874468232866789/

  • 08-09-10/12 à Namur : Marché de Noël créatif & participatif

Fabriquez vos cadeaux avec le soutien de nos créateurs

https://www.facebook.com/events/1958047577848749/

  • 13/12 à Braives : marché local et artisanal

https://www.facebook.com/events/511440719188904/

  • 16/12 à Namur : Marché de créateurs

Pour cette seconde édition, une vingtaine de créateurs, toujours sensibles au mouvement zéro déchet !

https://www.facebook.com/events/126946638009083/

Je vous souhaite un bon shopping responsable pimentés de milles découvertes!

Bénédicte van Egeren

Je décapsule, tu décapsules, nous poi…ons

Apparus d’abord aux couleurs classiques, il y en a maintenant pour tous les goûts et tous les supporters. On ne les présente plus, ces petits bonhommes qui meublent bon nombre de tiroirs de cuisine. Par contre, leur histoire vous est peut-être encore inconnue voire fragmentée. Mais saviez-vous également que la famille s’était agrandie ? Plus qu’un objet, une création, New Life Factory est un projet avec de belles valeurs, que vous allez découvrir aux côtés de Robin !

De l’ambiance des jeux de bistrots au décapsuleur

Sensible aux matériaux authentiques, bruts, aux jeux de café et chineurs à ses heures perdues, la possession d’un véritable kicker était un rêve pour Robin. Qui se l’est donc octroyé grâce à son premier salaire. Quand il a du s’en séparé, il a quand même conservé quelques joueurs qui avaient été fournis avec.

En les laissant trôner fièrement sur son bureau, lui est apparue l’idée parfaite pour détourner le but premier de tous ces petits joueurs. Le décapsuleur était juste parfait car il laissait aussi les joueurs dans leur ambiance initiale, celui des bistrots et de la bière… Ne reste plus qu’à mettre le tout en musique.

Comme pour beaucoup, après en avoir offert un qui remporta un succès immédiat, apparurent rapidement quelques commandes et un engouement… La décision d’en faire une centaine supplémentaire tomba rapidement. New Life Factory vu le jour. Son credo, du neuf avec du vieux, du détournement d’objet.

Mais d’où proviennent tous ces joueurs ?

De marché en placeurs de jeux, Robin a arpenté toute la Belgique, a passé au peigne fin toutes les bonnes adresses et s’est créé une place de choix dans le milieu. Mais malgré l’œil bienveillant de tous ses fournisseurs, un jour arriva ce qu’il devait arriver…Plus moyen de trouver les authentiques, il a épuisé tous les stocks ! Deux possibilités s’offrent à lui, soit arrêter et changer d’objet soit assurer la continuité des bonhommes et les reproduire. Mais comment ? Où ?

Et quand il n’y en a plus, y en a encore!

A l’époque, les joueurs de kickers destinés au marché belge étaient réalisés en Belgique. La production se concentrait alors entre les mains de trois quatre entreprises mais toutes les activités ont cessé dans les années 90. Maintenant, tous les nouveaux kickers sont produits dans les pays de l’Est…Ça perd un peu de son charme !

Mais Robin était bien décidé à remuer les archives et garder l’authenticité de ses décapsuleurs. Après de multiples recherches, c’est dans le Limbourg qu’il a finalement trouvé une des entreprises qui assurait anciennement la production.

Au-delà du Made in Belgium, le défi de la relance

Ce n’est pas tout de retrouver les plans de fabrication. La partie s’est corsée quand il a fallu convaincre de relancer la production. Tout remettre en place, recommencer, former le personnel et se procurer quelques outils manquants.

Outre le fait que tout est fait en Belgique, la beauté du projet c’est d’avoir remis à l’emploi quatre personnes qui sont devenues spécialistes dans la réalisation des joueurs. Tout se passe ici, de la transformation du hêtre, fraîchement coupé dans la Province du Luxembourg, à la livraison de la cargaison de joueurs multicolores qui ne demandent plus qu’à trouver acquéreur.

Un travail minutieux et de grande précision

C’est impressionnant de voir toutes les étapes nécessaires à la réalisation de ces joueurs. Que ce soit scier pour donner forme, forer le buste au calibre précis, mettre de la couleur, dessiner leurs traits au pinceau ou encore monter le packaging. Tout ce travail se passe entre ces mains devenues expertes et fières de contribuer à cette aventure.

Youpiiiiiiiiiie, la famille s’agrandit

Si ses décapsuleurs font sensation, tout le monde lui soufflait d’élargir sa gamme. Mais en même temps, que faire ? L’idéal serait de rester dans l’univers du jeu et de l’utile, pour conserver cet univers si particulier.

Lors d’une de ses visites à un placeur de jeux, actif à Anvers depuis trois générations, le gérant lui avait proposé des billes de billard. Oui mais on en fait quoi ?

Après un temps de maturation, l’idée s’est concrétisée par un dessin. Mais quelques flèches à son arc manquaient pour réaliser cette nouveauté. Le quincailler, lui fournissant les clés métalliques des décapsuleurs, lui fut d’une aide précieuse. Il l’aiguilla pour trouver LA bonne pièce métallique à utiliser afin de permettre au poivrier, monté d’une bille de billard, de moudre à la perfection.

Et la bonne nouvelle, c’est que les stocks de vieilles billes ne sont pas encore vides. Car devinez où se trouve le plus grand producteur de billes de qualité toujours actif? Dans le Hainaut ! Les billes doivent être parfaites sinon la trajectoire est faussée sauf quand on les détourne…

Si vous êtes en panne de poivrier, il ne vous reste plus qu’à choisir votre chiffre porte-bonheur !

Bénédicte van Egeren

Le KOTTON dans tous ses états

De la déco et des accessoires mais surtout des motifs uniques et beaucoup de coton. Le tout entièrement réalisé à la main à Bruxelles et personnalisable à souhait. C’est ce que propose Séverine, à la tête de la jeune marque KOTTON.

Le graphisme comme fil rouge

Graphiste de formation, bloquée devant un ordi toute la journée, Séverine avait envie de revenir au manuel. Se replonger dans l’atmosphère de l’atelier et de l’encre fraîche. Pour ce faire, elle reprend des études de sérigraphie. Elle est instantanément attirée par le tissu, son côté souple, fluide mais à ce moment-là, elle ne sait pas trop quoi en faire. C’est quand vient le temps de passer devant le jury qu’elle se jette à l’eau et confectionne quelques trousses. S’en suivent rapidement les commandes pour les proches, et pourquoi pas un premier marché de créateurs!

Les débuts de Kotton

Pour assouvir son envie de créer quelque chose de plus personnel, elle se lance un premier challenge, un marché. Sauf qu’à ce moment-là, elle n’a ni nom, ni visibilité sur le web. Débute donc une course contre la montre pour créer une identité visuelle mais aussi préparer ses créations. Le nom choisit fait tout naturellement référence à la matière utilisée. Mais pourquoi le K ? Ça c’est plutôt une raison graphique ! C’était il y a tout juste un an.

La marque de fabrique de Kotton

La particularité de KOTTON, c’est que Séverine réalise toutes ses sérigraphies elle-même. En plus de laisser cours à sa créativité, cette méthode permet aussi de gérer ses quantités, de créer tous ses motifs et de varier les couleurs d’impression. Tous ces tissus sont blancs à la base, seule la texture varie. Opère ensuite la magie issue de son imagination.

Petit tour au labo pour ce 100% handmade

C’est au labo de l’académie qu’elle se rend pour faire ses impressions manuelles. Mais avant cela, un travail préparatoire conséquent est nécessaire. Créer les motifs sur ordi, préparer les tissus, les laver, les repasser…Une fois au labo, là aussi un temps de préparation est nécessaire. Etendre les tissus sur le cadre, réfléchir à optimiser le tissu, préparer les encres. Ces dernières sont toutes à base d’eau et Séverine crée elle-même ses couleurs à partir des quatre couleurs de base. Enfin, un temps de séchage est nécessaire pour que la couleur se fixe correctement. A l’issue d’une session de deux à quatre heures, elle aura réalisé entre cinq et dix pièces…

A ce stade, il lui reste encore tout ce qui est assemblage. Elle a dû apprendre à coudre car c’était un terrain tout a fait nouveau pour elle. Kotton c’est donc du 100% handmade. Ce n’est donc pas démérité l’obtention du Label artisan, qui permet de valoriser la technique utilisée pour réaliser toutes ses créations !

Déco, accessoires, femmes et bientôt hommes 

Côté déco, on retrouve des housses de coussins et des petits paniers mutli-usage. Un des accessoires phares pour les femmes, c’est la pochette en tissu et simili cuir. Astuce supplémentaire de KOTTON, tout est réversible, on les retourne au gré de nos humeurs. Les tissus sont 100% coton. Chaque produit à son tissu pour permettre de varier l’épaisseur et la trame.

Pour tous, des sacs cabas sont également dispo, qu’elle réalise entièrement à partir de métrage de tissu neutre. Elle compose son modèle, le sérigraphie et y ajoute les finitions, telle qu’une pression pour le fermer…pas de doute, tout est vraiment fait main ici !

Bénédicte van Egeren