IMWE vous fait voyager dans votre salle de bain

Quelle magie d’utiliser un soin visage qui vous veut du bien, éthique et responsable, produit à quelques centaines de mètres de chez soi. Ça fait maintenant plus d’un an que ces soins ont frappé à la porte de ma salle de bain et se sont incrustés dans mon quotidien pour y amener une touche locale, qui peu à peu se transforme en large majorité. Et comme c’est si près, je me devais d’aller à la rencontre de Candice pour qu’elle m’explique ce qui l’a amené à lancer sa gamme si réfléchie.

Du droit au labo, il n’y a qu’un pas 

Avant de concocter des soins, Candice a exercé comme juriste – criminologue. Quand elle a décidé de passer aux cosmétiques naturels/bio, elle s’est retrouvée face à un grand vide. Oui, il y a quelques années le marché n’était pas encore si développé et offrait surtout des cosmétiques assez bruts surtout au niveau sensoriel. Car l’aromathérapie,c’est sa passion, elle a d’ailleurs suivi une formation dans ce domaine. C’est tout naturellement qu’elle s’est mise à chipoter et créer ses propres soins. Son entourage est vite devenu une clientèle très adepte. A la naissance de sa fille, elle en a profité pour changer de cap et se lancer à 100% dans les produits cosmétiques pour lesquelles elle avait déjà acquis une certaine maîtrise au cours des années précédentes.

Quand elle décide de lancer IMWE, il y a  trois ans déjà, tout est bien rôdé. Avec son idée bien murie et des formules déjà testées en grandeur nature, Candice s’est mise en quête d’un labo pour les valider et donc officialiser la reconnaissance de ses produits. En Belgique, peu de labos sont spécialisés en cosmétologie bio. Le sien se trouve à Liège et répond à ses attentes.

IMWE fait la part belle aux sens

Sans surprise, les senteurs ont une place de choix. On retrouve les huiles essentielles dans les trois soins visages et le soin pour le corps. Ce savant mélange olfactif est bien entendu sélectionné pour ses propriétés mais propose d’aller au-delà du seul soin. Candice veut transformer ce moment en un temps d’évasion et procurer bien plus que l’application d’une crème. Tantôt il procure du dynamisme, de la relaxation, de l’évasion, tout un travail sur les émotions,… Pour les sceptiques de l’odeur, pas de panique, vous ne ressemblerez pas non plus à un arbre fruitier après avoir appliqué votre crème visage. Dans chaque crème, on retrouve entres autres une huile végétale, une huile essentielle et un conservateur, qui joue également un rôle, il n’est pas choisi au hasard. Au final, c’est une combinaison de plusieurs actifs qui apporte chacun sa particularité. Par exemple, les agrumes ont un effet sur la peau grasse, mais apportent également de la fraîcheur et du peps. C’est pour ça qu’on les  retrouve dans le soin Iltaal aux côtés d’une huile comme le Chanvre ou le Jojoba qui ont comme propriétés de réguler le sébum. Vous me suivez toujours ?

IMWE n’est pas là pour vous vendre du rêve. Son objectif est d’offrir des soins riches en ingrédients actifs qui répondent aux besoins de la peau sans promettre la lune. Pour ce faire, la part belle est faite au naturel, la culture biologique, le local mais surtout à la réflexion des formules de chaque soin afin d’allier le meilleur en un rituel. Tous les composants sont documentés et la liste des ingrédients rendue publique, en toute transparence.

Naturel, Bio, Slow Cosmétique…Qu’est-ce que ça signifie vraiment ? Levons le voile !

Plein de jolis mots et parfois des amalgames…mais qu’est-ce qui se joue derrière ? Des mots, des labels et « parfois » du marketing. Certains se monnaient d’autres se méritent. Les produits IMWE n’ont pas le label Bio, qui s’achète et qui peut parfois être moins exigeant que ce que Candice propose. Par exemple, la proportion d’ingrédients bio minimum exigée est de 10% (pour obtenir le premier label Bio), IMWE se situe entre 20 et 30 % en fonction des soins. Je vois déjà vos yeux grands ouverts, mais que sont donc les 70 %?! Purement et simplement la quantité d’eau. Les crèmes contiennent un pourcentage d’eau assez élevé, de 40 à 50 % dans ce cas-ci.

Les produits IMWE sont estampillés « Slow Cosmétique ». What? Vaguement familier? Super connu? Géré par un collectif de bénévoles, cette mention a un côté moins industriel que le label Bio, il véhicule une image plus artisanale. Ce sésame s’obtient après avoir répondu à une liste de quatre-vingt critères. Beaucoup plus exigeant qu’un label Bio, il s’atèle à vérifier l’authenticité et mise sur une grande transparence. Le Slow Cosmétique a le vent en poupe ces derniers mois. Il passe d’une trentaine de marques à quelques cent vingt actuellement. Il regroupe sous une plateforme e-shop l’ensemble des marques, et tous leurs produits, qui ont eu la mention.

Palm free et vegan, le parcours du combattant des ingrédients!

Dans aucun de ses soins vous ne retrouverez d’huile de palme. Pour en arriver là, Candice a été attentive à poser les bonnes questions. Travail de dur labeur de se débarrasser de ce composant présent dans plus de produits qu’on ne le pense. C’est en creusant auprès de son fournisseur qu’elle s’est rendu compte que dans un de ses émulsifiants, dérivé de l’olive, qu’elle pensait safe, la base se composait d’olive et de cette chère huile de palme. Hors de question de continuer avec celui-là, elle a dû relancer les recherches afin de trouver l’équivalent en version palm free.

Une petite touche d’exotisme pour 90 à 95 % de local

La provenance des ingrédients est aussi passée à la loupe, en favorisant au maximum les plus petites distances. La quasi-totalité est issue de l’UE. Les quelques ingrédients exotiques sont bio et le coco est fairtrade, ils viennent inévitablement d’un peu plus loin. Il est difficile de faire du coco belge …

Le packaging n’échappe pas à la règle. Les flacons en verre sont italiens et l’emballage en carton, fait avec du bois des forêts du Nord de l’Europe. Pour le moment, le verre fourni un bon contenant pour pouvoir conserver la propriété des ingrédients (qui ont tendance à être absorbé par le plastique). En outre, au niveau recyclage et écologie il offre un bon compromis.

Où et comment produit-on un lot de soin?

Produire un lot prend environ 6h : peser, mélanger, émulsifier, chauffer, refroidir, embouteiller. A part l’eau, les ingrédients ne sont pas chauffés pour altérer le moins possible les propriétés de tous les actifs présents dans le soin. Candice ne produit pas tous les jours sauf en période de fêtes ou de collaboration avec une « boite ».

La quantité produite varie. Candice fait entre cinq et quinze litres, en fonction de la demande du moment ou du soin. Et oui, c’est le cas du soin Iltaal qui remporte un franc succès.

Tout se passe à Schaerbeek. De la conception à la mise en bouteille, sans oublier le stockage et l’expédition des commandes. Bref, une belle boucle entièrement bruxelloise.

Des nouveautés prévues ?

Ce printemps, IMWE va souffler sa troisième bougie. L’occasion de proposer de nouveaux produits. Deux ou trois produits vont venir rejoindre les quatre actuellement proposés. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment…

Un dernier conseil pour la route

Pssst, si vous avez du mal à vider le flacon car la pompe n’aspire pas le dernier centimètre, Candice nous livre une petite astuce. Ajoutez quelques gouttes d’eau et la pompe pourra terminer son boulot sans trop de gaspillage.

Bénédicte van Egeren

Une paire de lunettes où seule l’imagination est la limite, le pari réussi de Ludovic

Dans les années 80, il y avait encore pas mal de lunetiers. Maintenant, Ludovic est le seul en Belgique. Pour notre plus grand bonheur ! Depuis un an, je trépigne de curiosité. C’est chose faite, j’ai enfin rencontré Ludovic dans son atelier-boutique-salon, située au sablon. Avec un peu plus d’un an d’activité et déjà plus d’une centaine de paires créées, l’avenir de ce métier d’antan a plutôt bonne mine. Rencontre!

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Pourquoi, pourquoi, pourquoi, en Belgique, il n’y a aucun lunetier ?

Ludovic est opticien-optimétriste de formation. ludovic-all-color-8261Il a travaillé chez Hoet, à Dansaert. Mais il ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur la disparition des lunetiers en Belgique. Pourquoi, il n’y en a plus ? Est-ce si compliqué? Avec cette question en tête, Ludovic est parti en quête d’une formation de lunetier. Il s’est d’abord rendu une semaine dans le Jura, car il n’y en a plus non plus en Belgique. Verdict ? L’expérience fut concluante, « ce n’est pas facile mais c’est faisable ». Il y est retourné plusieurs fois pour suivre des modules d’une semaine afin de se former aux techniques de la lunetterie.

A l’heure où la technologie permet de faire des miracles, tels que des impressions d’objets (y compris des lunettes), Ludovic a décidé de prendre le chemin inverse. Il veut faire un pas en arrière et revenir aux techniques d’avant, à la maîtrise manuelle de la conception. Et il a débuté avec le strict minimum, le set d’outils qui lui a servi lors de sa formation.

Des lunettes sur mesure, pour qui pour quoi ?

Tout d’abord, pour le confort ! On est tous différents, nul corps n’est parfait. Chacun a son lot d’asymétrie, plus ou moins gênante. L’idée de la monture unique répond à un visage qui l’est tout autant. Le cas des lunettes posées légèrement de travers car votre nez n’est pas droit n’est pas rare. L’objectif ici est d’en faire une deuxième peau. Du coup se côtoient les désespérés en quête de solutions. Ludovic a déjà comblé des personnes aux profils forts différents. Une personne qui avait une tête trop large et qui était toujours comprimée dans ses branches. Une qui devait se fournir au rayon enfant car son visage était très étroit. Enfin, le challenge de concevoir une paire pour quelqu’un qui n’avait qu’une oreille, et de la faire tenir à l’aide d’une béquille. Bref, du sens il y en a !

Mais le sur mesure séduit aussi les curieux, les collectionneurs de belles matières, les avides d’originalité,… Parfois il a le champ libre, parfois il a une demande avec une condition précise. Pour mieux comprendre l’infinité des possibilités, il faut s’intéresser à tous les jeux possibles. Que ce soit sur la forme de la monture, sur l’épaisseur (des couches peuvent se superposer pour obtenir une monture plus ou moins fine ou une nuance de tons), sur la forme des branches, sur l’asymétrie, sur le dessin dans la monture, sur les couleurs,…. Quoi qu’il en soit, deux rendez-vous clients ne se ressemblent jamais.

La clientèle est locale, nationale ou internationale. Les clients n’hésitent pas à se déplacer. Ils viennent parfois de loin au détour d’un voyage. Mais ils devront refaire halte à Bruxelles pour récupérer leur monture car Ludovic ne laisse aucune création s’échapper sans un dernier essai en live pour s’assurer que tout soit parfait. Ludovic est patient et garde la monture le temps qu’il faut pour que le client repasse par Bruxelles. Dans l’atelier, il y a un mur composé de boîtes en attente de leur propriétaire.

Quelles sont les étapes de la confection d’une paire sur mesure ?

Lors du premier rendez-vous, vous serez invité à prendre un café, papoter et faire connaissance dans le salon à l’étage (qui à l’occasion peut accueillir des ventes de créateurs). Vous définissez vos attentes, décrivez votre style, choisissez votre matériau, essayez quelques paires «ready to wear», de créateurs indépendants triés sur le volet. Ensuite, toutes les mesures sont prises ainsi qu’une photo de votre visage, qui sera utilisée en grandeur nature par la suite pour permettre le dessin de lunettes à taille réelle. Ca y est, vous êtes libre, maintenant c’est Vinciane, sa femme, qui va s’occuper de dessiner plusieurs paires à l’ordinateur et les imprimer à taille réelle afin que deux semaines plus tard vous puissiez « essayer » et choisir VOTRE paire. Vous aurez le choix entre 5-6-7-8 modèles. C’est une monture, sans branche, qui se présente sous forme d’un papier transparent qui fait office de verres. On sait dès lors les poser sur son nez pour s’imaginer le rendu. Là, il ne reste plus qu’à choisir. Et si aucun modèle ne vous convient dans les propositions dessinées, pas de problème, il suffit de redéfinir les attentes et c’est reparti pour un tour.

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La réalisation de la monture prend environ une cinquantaine d’heures. Patience donc! Pour le moment, les délais sont de trois mois d’attente. Vous les recevrez dans un superbe étui en cuir, réalisé par Niyona, un maroquinier bruxellois.

Un petit tour dans l’atelier et présentation des matériaux nobles

L’atelier s’est peu à peu accessoirisé. Pour débuter, quelques outils de base, utilisés lors de la formation suffisent. Peu à peu l’atelier s’est meublé. La quantité d’équipements de l’atelier est plutôt impressionnante. D’une part tout ce qui est dédié à la fabrication artisanale de la monture et d’autre part, tous les outils d’un opticien.

Ses matières premières sont toutes naturelles et sont au nombre de trois. L’acétate de cellulose, mélange de fibre de coton et de plastifiant, qui permet une gamme de couleurs énorme. La corne de buffle qui a la particularité de ne jamais être unie, provient directement du Vietnam ou encore de Madagascar (elle provient d’animaux déjà tués pour une autre raison). Enfin, le bois. Ludovic en a déniché un lot vieux de 100 ans qui a aussi sa petite histoire. Il l’a acheté à un Gantois qui mettait un terme à ses activités, qui l’avait repris d’un Liégeois, qui l’avait trouvé chez un Parisien. Bref, un bois voyageur qui offre des couleurs et des textures super originales, du tulipier à l’amarante en passant par le poirier ou encore le bois de rose. Une palette bien fournie qui n’attend que les idées les plus folles pour superposer les couches et donner naissance à une monture unique!

Les matériaux arrivent souvent à l’état brut à l’atelier. Le bois est sous forme de grandes planches très fines, on dirait une écorce. L’acétate arrive par plaque de grandeurs diverses. La corne arrive sous forme de plaque. Tantôt brute, tantôt polie.

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L’équipe s’agrandit et passe de un à trois voire quatre

En octobre 2015, il s’est lancé en solo avec son set d’outils de base. Au cours de l’année, il a été épaulé par Dorian, stagiaire en dernière année. En septembre, ce dernier a intégré l’atelier car le carnet de commandes explosait. Maintenant, ils ne sont pas deux mais trois. Sa femme a quitté son boulot pour venir apporter son support et s’occupe essentiellement des dessins et de la communication.

Pour la petite histoire, le choix du lieu a changé en dernière minute et il a signé pour l’emplacement au sablon le jour de la naissance de son ptit bout. Ne vous vous étonnez pas si vous le voyez apparaître, c’est son terrain de jeu et c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a aucune paire de lunettes qui traîne en vitrine.

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Quel beau chemin parcouru en à peine un an

Finalement, il est parti de «pas grand-chose» en termes d’investissement. Il s’est appuyé sur sa brillante idée associée à un bon « capital social ». Il a récemment été reconnu pour sa qualité d’artisan et gagné plusieurs prix cette année, dont le prix du jury pour la vitrine de l’artisan 2016. D’ailleurs, une de ses paires de lunettes se balade à Tokyo dans le cadre d’une expo. Elle a été créée en collaboration avec une styliste de La Cambre. Longue vie à ce joli travail!

Pour assouvir votre curiosité, n’hésitez pas à faire un tour sur son compte instagram qui illustre superbement son travail. Et en live, c’est Rue Ernest Allard 14, 1000 Bruxelles, que ça se passe.

Bénédicte van Egeren

Du Moyen-Âge à la 3D, la lingerie revisitée par Marie Van gils

A l’occasion de divers événements, j’ai pu admirer le travail de Marie. Pas si courant comme spécialisation, la lingerie. Lors des DS Brussels Fashion Days, elle présentait le prototype de sa dernière idée futuriste. Un indice: tout se passe en 3D et le résultat est plutôt bluffant! Par ici….

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La mode et la création, oui mais le vêtement, non!

Pas de doute pour Marie, c’est le stylisme qu’elle allait étudier. Mais par contre une chose est sûre, les vêtements ça ne la passionne pas du tout. Qu’a-t-elle donc derrière la tête? La lingerie! Mais les spécialisations ça ne court pas les rues. Elle entreprend une première formation d’un an à Roubaix. Elle la complétera d’un cycle plus long en Flandres mais dont elle n’a pas bénéficié de la troisième et dernière année faute de participants!

A la fin de sa première spécialisation, Marie a dessiné, sérigraphié et produit quelques pièces au moment de la dernière coupe du monde (2014). 3ememi-temps-5-342x512Quelques photos plus tard, l’engouement était tel que la rupture de stock a été immédiate. C’est un peu malgré elle que sa première collection a été lancée. Le timing s’est imposé. Elle en est maintenant à sa 4ème collection. Le rythme de une par an ponctuée de collections capsules.

A côté de ses collections, elle conçoit des costumes burlesques sur mesure pour des représentations théâtrales.

Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond avec la lingerie « classique »?

«La lingerie d’aujourd’hui, c’est plus que Moyen Âgeux!» Aucune évolution n’a été apportée depuis les années 20! Elle n’est pas pensée pour le corps. Dans le monde du vêtement, tout a évolué même les chaussures et les sacs. Que ce soit au niveau des matériaux, des coupes,… Dans la lingerie, c’est statu quo, mis à part peut-être l’esthétisme et les jeux de dentelles mais rien de révolutionnaire.

Il est donc grand temps qu’un vent de fraîcheur vienne souffler sur ce segment vestimentaire trop peu pris en compte. Même si tout n’est pas mauvais dans la lingerie classique. Les problèmes et inadaptations les plus fréquentes se font surtout ressentir au niveau des extrêmes, pour les très petites et grandes tailles.

« Le soutien-gorge est quelque chose qu’on met le matin et qu’on oublie.  Ce n’est que le soir qu’on doit le redécouvrir. »

Marie fait le grand nettoyage et revoit les codes d’usage. Exit les structures : les baleines non adaptées, trop longues ou trop courtes, qui rentrent dans les côtes ou remontent à toute heure du jour. Le sort des élastiques n’est pas en reste: ils saucissonnent, incommodent, se détendent. Elle part en quête de l’élastique parfait, et il existe! L’agrafe n’est pas épargnée non plus, elle change de place, on ferme par devant. Résultat: gain de temps en acrobaties.

Bref, un peu de confort ne ferait pas de tort!  Ça donne quoi?

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La lingerie doit apporter un confort et un design qui s’adapte au corps, et pas l’inverse! Les sous-vêtements doivent suivre et se fondre à tous les changements du corps, à court ou moyen terme. Que ce soit en temps de ballonnements, de prise de poids, de grossesse,…Il n’en faut pas de nouveaux pour chaque période.

Sa philosophie « pousser la qualité au maximum sans sacrifier l’esthétique »

Mais quel est son matériel secret? La résille élastique. C’est une maille qui permet l’élasticité dans les deux sens. Elle conserve une mémoire de la forme et possède une certaine résistance. Cette matière réagit à la chaleur du corps, a tendance à fusionner le corps et le tissu, tout en offrant une transparence.

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Si a priori, l’élastique ne nous paraît pas être la pièce phare pour laquelle des heures de recherches et des tests seraient nécessaires, on a tout faux. Bien plus qu’une finition, il joue un rôle clé dans ses créations! Et c’est là que l’on se rend compte de la complexité du produit et de tous les aspects à gérer. Comment trouve-t-on « LES » élastiques? Des tests, encore des tests toujours des tests. Il faut les voir vivre pour connaître leur valeur et leurs limites. Ils ont une durée de vie limitée, ce sont des tests sur leur longévité qui permettent à Marie de persévérer dans ses recherches. Après un an et demi, elle le tient l’élastique parfait sauf que maintenant, elle en voudrait un plus fin…Et c’est donc reparti pour une étude de marché ponctuée de discussions avec les fournisseurs pour savoir si par hasard au milieu de leurs 4000 modèles ils n’ont pas la perle rare. Et comme le dit Marie:

« On sort les rames ».

Offrir moins de traditionnel mais du plus épuré

C’est le design qui va faire la pièce. Par exemple, Marie a introduit la vraie culotte haute, celle qui monte jusqu’à la taille…oui oui celle de grand-mère. Mais essayer c’est l’adopter, elle offre un maintien et un confort incomparable! C’est celle qui remporte le plus de succès. Au fil des collections, Marie lui apporte des variantes. Elle a commencé par une légère ouverture à l’arrière qui s’est transformée en une plus grande et qui offre dès lors un maintien pour le ventre et une ouverture pour les tailles basses! Confort et esthétisme sont au rdv.

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Tout est fait main à Bruxelles

Les modèles sont directement travaillés sur un mannequin en 3D pour un rendu plus réaliste. Marie dessine les motifs qui vont donner son identité à la collection. Le résultat est sérigraphié et imprimé sur le tissu, sous forme de rouleaux. Elle les découpe ensuite à la main pièce par pièce. Le temps nécessaire varie de cinq heures à deux semaines de travail.

MoM-04-342x512Chaque collection se compose d’un ou deux soutiens-gorges et d’au minimum une culotte taille basse et une taille haute. Une collection complète peut rassembler jusqu’à 35 pièces, en déclinant toutes les tailles. Le petit dernier de la gamme est le kimono. La soie a de fortes chances de faire partie de l’aventure.

Au début, elle n’offrait que les tailles de A à C. Au vu de la forte demande pour les tailles suivantes, elle les a introduites petit à petit, une fois certaine que son produit tenait la route. Pour cette perfectionniste, ses créations doivent s’adapter parfaitement à chaque taille et morphologie pour envisager une sortie.

Le label noir jaune rouge 

Derrière chaque composant de ses créations, une recherche pointilleuse mêlant qualité et proximité est menée. Rien n’est laissé au hasard. Tout est étudié dans le détail et fait l’objet d’une veille constante. On ne sait jamais qu’une fabrique ré-ouvre et qu’on trouve mieux plus près.

Du tissu pour la lingerie en Belgique? Oui oui, il faut bien chercher mais ça existe encore. La Belgique possède une fabrique, elle se situe en Flandres. Le hic, c’est la quantité. L’usine fournit de grands groupes internationaux mais comment faire pour bénéficier de cette production locale à l’échelle de la micro production? Par exemple, le tissu se commande par quatre cents mètres, l’élastique par dix milles….oups, c’est beaucoup. Marie a envoyé son projet, il a séduit et elle a donc obtenu de pouvoir s’y fournir à son échelle. Elle ne se voyait pas travailler de la dentelle chinoise.

Ses élastiques sont grecs. Car le fournisseur dispose de ceux en biais qu’elle convoitait tant. Sa limite, l’Europe. Pour la petite histoire, des élastiques français faisaient l’affaire mais en se renseignant il s’avère qu’ils proviennent d’une usine tunisienne. Bye bye!

Enfin, les agrafes et les pièces métalliques proviennent d’une usine située à Barcelone. Marie l’a découverte lors d’un salon. Un stand regorgeant de trésors made in Spain, étonnamment vide…il était coincé au milieu de stand chinois!

Tant qu’à rattraper le temps perdu, pourquoi ne pas le devancer finalement?

Trois mois de travail pour une pièce. Oui, vous avez bien lu. C’est le résultat de sa dernière création, un body intégralement réalisé en 3D. Objectif : fusionner la résille et l’imprimante.

Vous vous demandez comment ça tient ensemble? Très simple, l’impression forme le dessin, et donc l’armature, et fait office de soutien. Plus de coutures ni de baleines nécessaires!

Marie tient fort à ce nouveau challenge. Et au vu du succès qu’il a remporté lors des DS Fashion Days, elle a bien l’intention de garder le concept.  Elle n’a d’ailleurs pas tardé à faire breveter cette superbe création hyper futuriste et innovante.

« Dans 50 ans, tout se fera en 3D. C’est maintenant qu’il faut passer le cap. »

Maintenant il lui « reste » à dompter la technologie pour tenter de sortir une collection dans un délai réaliste. Ça tombe bien car réfléchir sur une pièce, le pourquoi/comment, les matières, les motifs pour finalement proposer quelque chose de très particulier et d’unique, elle adore.

Bénédicte van Egeren

 

Maurice a ouvert son bocal pour grandir ! Qu’est-ce qu’on dit ? Bonjour maurice !

Sans le savoir, je les suivais depuis leurs premiers pas, séduite de prime à bord par leur concept unique : des fringues réversibles en coton bio. Mais leur proposition va bien au-delà de cette idée ingénieuse. bonjour maurice, c’est la rencontre de deux jeunes mamans autour d’un objectif commun : l’épanouissement des ptits bouts et la volonté d’apporter leur pierre à l’édifice en leur laissant une terre où il fait bon de vivre. Leur énergie et leur bonne humeur sont communicatives, leurs maîtres mots sont grandir, choisir, s’épanouir. Je vous propose une cure de jouvence avec Céline et Géraldine!

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La genèse de Maurice

Elle a débuté grâce à la présentation d’une amie commune. D’un côté Céline, dont le hobbie est la couture et qui avait confectionné la quasi entièreté de la garde-robe de sa fille. bonjourmauriceweb_192_De l’autre côté Géraldine, qui cherchait à entreprendre. Avec des profils complémentaires, le duo de choc s’est lancé par passion. La répartition est venue assez naturellement, chacune apportant son savoir-faire précieux. Céline s’occupe de dessiner, de faire la gradation, les découpes mais aussi la partie gestion, data, business plan. Géraldine, plutôt créative, redessine les modèles, s’occupe de la com et des relations. Car l’entrepreneuriat c’est avant tout du multi-casquette surtout à ses débuts! La création n’est finalement qu’une infime part du gâteau.

De maurice & co à bonjour maurice

Si maurice & co existait déjà depuis deux ans. Le début 2017 signe un changement pour la marque, elle devient « bonjour maurice ». Rassurez-vous les vêtements restent réversibles, la refonte se veut au service de la pérennisation et la professionnalisation de ses activités. Et oui, nos deux mamans bossaient sévère à côté de la création de ces jolies pièces. Deux pieds dans le salarié, dix orteils dans l’entrepreneuriat. Elles ont donc décidé de sauter ensemble et de consacrer toute leur énergie à bonjour maurice! Le fait d’entreprendre à plein temps donne accès à un bon nombre de supports et de réseaux qui donnent du boost au projet. Test en jury, aide à la construction du business plan. Elles ont gagné une petite bourse dans le domaine de l’économie circulaire ainsi qu’une aide à l’exportation, soutenue par Wallonie Bruxelles Mode Design.

Et pourquoi « bonjour » maurice ? L’explication est très simple, bonjour est un mot compris de tous! Il est simple, positif, vecteur de dynamisme et de bonne humeur. Et oui, tout ça dans un mot!

Et concrètement? Rentrons dans le vif du sujet!

Pour ceux qui connaissaient déjà la marque, quelques changements plus ou moins visibles. Mais ce qui est le plus frappant c’est toute la réflexion menée et l’éthique qui guident ce superbe projet. bonjour maurice est bien plus qu’un simple vêtement. C’est la transmission de valeurs via des collections bien pensées pour les petits!

Premier changement, le logo. Le poisson est légèrement différent mais surtout le bocal s’est ouvert pour permettre à Maurice de grandir, s’épanouir et rencontrer ses amis. bonjour maurice se décline maintenant de 0 à 10 ans!14117797_1789096424639509_2234361420958271587_n Et oui, leurs propres enfants se rapprochant de l’âge de 6 ans (ancienne limite) il a fallu étendre l’offre pour ne pas faire de jaloux. Last but no least, on peut s’habiller de la tête au pied en bonjour maurice. Les t-shirts et marcel ont fait leur joyeuse entrée!

Un autre changement, moins visible, se situe au niveau de la confection. Après avoir travaillé avec 4 ateliers en Belgique, et pour assurer les arrières de bonjour maurice, la partie confection devait quitter la Belgique. Épaulées dans leurs recherches, il n’a pas été sélectionné au hasard, elles ont visité 5 ateliers avant de poser leur choix. C’est un atelier familial portugais spécialisé dans la confection pour enfant et certifié GOTS (norme qui certifie un respect environnemental, social et du travail) qui assemble les pièces. Ce choix difficile était nécessaire pour la survie de leur projet et pour ne pas payer pour travailler!

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Enfin, Céline est passée pro dans le domptage du web. Le site, ainsi que l’eshop, sont dispos en trois langues avec livraison mondiale ! D’ailleurs maurice vous y attend, il s’est transformé en compagnon de vie, et devient une super peluche-oreiller bicolore.

Et la collection me direz-vous ? Concrète et philosophique

bm1000_027La base reste, bonne nouvelle ! Le réversible, fatalement, la meilleure idée qui soit et qui permet de pouvoir jongler avec les pièces. Elle donne l’impression de pouvoir composer plus de tenues que de pièces possédées, ecology friendly oui oui. CHOISIR !

bm1000_060Autre point fort du réversible, le retourner en cas de taches ou de son humeur. Et oui, on n’a pas envie d’être sous le feu des projecteurs tous les jours, pour les enfants c’est la même chose. Un côté uni, un côté à motif. Bien dans son maurice, bien dans ses baskets. S’EPANOUIR !

Le saut de deux tailles à partir de deux ans, avec la possibilité de porter les vêtements avec ou sans bords pour permettre à l’enfant d’évoluer avec ses vêtements et surtout de les enfiler tout seul (sans se tromper de sens car il n’y en a pas). GRANDIR !

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Sans oublier l’importance accordée au choix des tissus. En majeure partie du coton bio. Certains tissus comme l’éponge du bavoir ou le jeans n’ont pas encore trouvé de prétendant équivalent. Les finitions n’échappent pas à la règle, les boutons sont en bois naturel. Enfin, soulignons la cohérence entre les collections, pour que les pièces ne soient pas dépassées d’une collection à l’autre et qu’on puisse continuer à assembler les couleurs et motifs d’une saison à l’autre.

La collection totalise 25 modèles, déclinés en différents coloris. Au total 52 pièces pour chaque taille et 13 accessoires (bavoir, sac d’un jour, sac de voyage et Maurice!). Mais les stocks sont limités, pas question de relancer indéfiniment les productions.

Démarrage sur les chapeaux de roue

Le mois de janvier s’annonce international. Ce cher poisson va faire le tour des salons, d’Amsterdam à Londres, en passant par Florence! Tout ça en un mois. On lui souhaite un bon voyage, des rencontres enrichissantes et prometteuses, et une longue vie riche en expérience!
Et pour l’hiver prochain, elles ont la volonté de créer leurs propres motifs. Mais surtout on croise les doigts car il n’est pas exclu qu’une pièce adulte fasse son apparition. Et oui, les vestes et sweats sont à tomber, plus d’un parent voudrait bien essayer d’enfiler celui de son enfant!

Bénédicte van Egeren