Dans l’atelier de Kim Verbeke

En plus d’être décoratif, c’est surtout très utile. La vaisselle en céramique vous habille une table et n’est pas plus fragile que l’ordinaire. Et ses composants sont au plus proche de la nature. La céramique a donc tout pour séduire! Kim Verbeke a accepté de me partager sa passion pour la terre et nous dit quelques mots sur cette technique ancestrale.

« On ne sait pas plaire à tout le monde mais si tu sais en vivre même à mi-temps, c’est déjà gagné »

Biologiste le jour, touche à tout le soir. Kim vogue entre l’univers de la photo, la création de bijoux et se laisse emmener le temps d’un stage dans les méandres de la poterie. Tant et si bien, qu’à l’issue de ce dernier, elle attaque les cours du soir pendant trois ans ! La poterie est donc venue au fur et à mesure. D’un côté, il y a la variété des choses à faire. De l’autre, il y a obligation de respecter un certain rythme. C’est aussi synonyme de retour au respect de la matière, et ça oblige à freiner les choses.

 « Il y a quelque chose de magique de partir de la terre et d’avoir in fine une pièce, qui est utilitaire et 100 % toi. »

La poterie, chacun sa technique

Un œil non aguerri pourrait s’y tromper mais la poterie, ce n’est pas moins de trois techniques ! Et oui, rien que ça.  Chacune exige une maîtrise différente de la terre, et des ustensiles pour la travailler. Il y a la technique du tour qui consiste à faire tourner la terre jusqu’à obtention de la forme / objet désiré. Celle des plaques qui consiste à donner forme à la terre en la coinçant entre deux plaques. Et enfin celle des boudins, encore appelée colombage, où on superpose une série de boudins que l’on solidarise et puis qu’on lisse jusqu’à obtention de la pièce voulue.

Tourne, tourne, tourne

Kim a choisi la technique du tour, ce qui ne l’a pas empêchée d’essayer une année de colombage et de plaque.

« Le tour c’est quelque chose de magique, j’aime le volume qu’on sait réaliser en quelques « tours » de main. »

Le tour demande un niveau de relaxation et de concentration considérable, il faut être bien centré car la constance est de mise. Pour ce faire, elle prépare une vingtaine de « boules ». En général, les trois premières sont des « brouillons ». Après elle attrape l’œil et arrive à en faire plusieurs pareilles. Par contre ce qui est sûr c’est que réaliser deux pièces identiques, c’est juste impossible.

De la terre à l’objet

La céramique, finalement, c’est quelque chose de très naturel puisqu’elle se compose essentiellement de terre. Mais quelles sont les étapes nécessaires à un si joli résultat, à part énormément de patience…

Après avoir donné la forme à sa pièce, celle-ci doit faire un premier passage dans le four. Ensuite, application d’une couche d’émail, qui est optionnelle puisque c’est surtout une question de rendu. Et retour au four pendant 12h. La chaleur devant augmenter par palier pour atteindre les 1250 degrés, la totalité du processus peut donc prendre jusqu’à trois jours.

Des mois de tests plus tard, ce travail délicat induit toujours son lot de ratés. On n’est pas à l’abri qu’une pièce pète un plomb, et ce même lors de son dernier passage dans le four.

Matière naturelle et locale

Les terres utilisées proviennent d’endroits variés. L’origine est toujours connue et certaines carrières ouvrent leurs portes pour une petite visite.

Kim a sélectionné quelques terres qui lui permettent entre autre de faire de la porcelaine, du beige, du gris moucheté et du noir. A cela se combine, les émaux. Qui sont soit transparent soit de couleur et qui influent la texture et le rendu de la pièce.

Des rencontres & des collaborations

Que ce soit culinaire ou décoratif, Kim a décroché de chouettes collaborations qui lui ont permis de persévérer dans son magnifique projet.

Un resto, une boutique de plantes pour des cache pot exclusif, de chouettes vitrines quand on débute ! et l’emballement des réseaux sociaux pour couronner le tout…

 « Il y a des gens que tu rencontres et qui sont « tes » déclics. Ils te donnent la chance, et sont tes tremplins »

100% sur commande

Rien n’est en stock mais tout est réalisable ! Service complet, tasses, bols ou encore pichet et saladier. Il suffit d’un tour à l’atelier pour commander la vaisselle qui vous ressemble le plus. C’est le moment de laisser aller votre imagination !

Il n’est pas exclu qu’un webshop voit le jour, mais uniquement avec ses jolies tasses à thé et à café.

Bénédicte van Egeren