Les cartons d’Anais, l’économie circulaire dans toute sa splendeur

Utiliser les déchets pour en faire une jolie déco, du mobilier ou le terrain de jeu des enfants, le concept d’Anais est juste génial. Avec pour instrument les cartons délaissés par les entreprises, un mètre, un crayon et de quoi couper, elle est capable de réaliser vos idées les plus farfelues.

Mais comment on décide de faire des meubles en carton ?

Avouons-le, elle est architecte ! C’est à Paris qu’elle a débuté ses créations, le soir après le boulot. Et sa première œuvre, fut le montage d’un fauteuil (je l’ai vu il tient toujours). Vinrent ensuite la table, la cabane pour enfant, et ainsi de suite les cartons ont commencé à meubler son appart et son temps.

Oui mais quels cartons ?

Vous aussi ça vous intrigue ? Quand on sait qu’elle est capable de nous construire une cabine d’essayage, on se demande donc quels sont les secrets de fabrication. Vous l’imaginez en train de scotcher trente cartons ensemble pour y arriver…en longueur, en largeur et en épaisseur ! Rien de tout ça, pas de colle, pas de papier collant, pas de clou mais juste du pliage! Et quand vous l’interrogez sur le pourquoi, elle vous répond entre autres que sinon ses cartons ne sont plus recyclables et que ça brise le cycle de la récupération. Voilà la barre du défi placée un cran plus haut pour un projet qui tend vers une cohérence maximale.

Ses fournisseurs préférés sont donc les vendeurs de vélo, scooter, et tout ce qui est encombrant et emballé pour le transport. Elle a démarché tous les commerçants de son quartier car en fonction des commandes, tous les cartons ne sont pas idéaux. Sont pris en compte  les longueurs maximales exploitables, l’épaisseur, la robustesse mais aussi la flexibilité en fonction des projets… Bref, étudier le carton, c’est plus complexe que ça ne paraît, pas vrai ???

Et donc tous ces cartons, voués à se retrouver sur le trottoir direction déchetterie, se voient vivre ou revivre.  Pour elle, il ne reste plus qu’à jongler avec les « fournisseurs » et s’assurer des stocks en quantité suffisante  car les demandes vont bon train.

La limite, c’est le carton

Il n’est pas rare de voir les clients arriver avec un petit dessin sorti de leur imagination ou celle de leur enfant, bout de papier auquel il faudra donner forme.

Quand les idées deviennent ingénieuses, un logiciel lui permet de dessiner sur pc. Grâce à cela, la visualisation est meilleure pour elle et pour le client. Il ne reste plus qu’à passer à l’étape construction.

Quelques exemples?

À son actif, qui se diversifie de plus en plus on retrouve : la déco, l’aménagement de vitrine, le lettrage, les lampes, la signalétique, les présentoirs, les stands, le mobilier enfant, les déguisements, et surtout ce qui m’a vraiment impressionné c’est cette cabine d’essayage. Pliable, démontable, avec miroir intégré et l’ajout d’un siège pour permettre un équilibre optimal à cette cabine de fortune.

Vous l’aurez compris, à tous ceux qui arpentent les salons, les marchés,…dans une démarche zéro déchet et peu encombrante n’hésitez pas à faire appel à elle. Elle pense même à louer des comptoirs de stands avec mini mode d’emploi. C’est léger, c’est chargeable seul dans une voiture, bref vous gagnez en flexibilité et en mobilité, et vous faites un beau geste pour la planète !

 

Et quand il pleut ou que le liquide est susceptible de s’inviter?

Avec sa grande cohérence, ses cartons sont à la pointe de l’éco-conception. Ils sont imperméabilisés avec une cire spéciale qu’elle concocte elle-même à base d’ingrédients naturels afin que les cartons ne soient pas imbibés de produits chimiques et toujours aussi prêt à être recyclés dans leur état le plus naturel possible.

Et cerise sur le gâteau, si vous voulez leur mettre une touche de couleurs pour un étalage ou une cabane enfant, ou tout autre montage, elle crée de la peinture naturelle caillée à partir de craies en poudres, de lait caillé et des pigments naturels ! Respect !

Vous pouvez jeter un œil à son travail sur son compte Instagram ou aller admirer ses œuvres au salon du zéro déchet à Bruxelles. Elle fait de temps en temps des ateliers pour enfants, rdv sur sa page facebook.

Bénédicte van Egeren

 

La fille du pont remet la broderie au milieu du village

Si je vous dis « broderie », vous pensez quoi ? Vieux, ringard, poussière, kitch, la nappe de ma grand-mère ? Oui, moi aussi j’avoue, à première vue c’est ça qui me vient à l’idée. Mais la suite va peut-être vous faire changer d’avis.

Julie, et sa patience sans limite, c’est la fille du pont.

C’est en se lançant dans une formation en design textile qu’elle a découvert, au milieu d’autres disciplines,  une passion cachée pour les points, les fils et donc la broderie, manuelle, il va sans dire.

Ce n’était pas fort prévu dans le cursus mais les grands hasards font les belles choses. La voilà mordue par cette nouvelle activité, qui a su attiser sa curiosité et l’emporter bien au-delà pour notre plus grand bonheur.

Reprendre le temps, c’est bien de ça qu’il s’agit

Celle qui n’a curieusement aucune patience pour tricoter, peut rester la tête sur son ouvrage à aligner les points sans voir s’égrainer les heures. Dépoussiérer la broderie et la remettre au goût du jour, prendre le temps de créer une pièce, c’est un retour en arrière qui fait du bien. Dans un monde où tout est immédiat et accessible en deux clics dans les 24h, on savoure le temps d’attendre son cadeau, sa pièce, sa commande,…bref que sa broderie prenne forme. On retrouve l’impatience et l’excitation liée à cette curiosité de tenir le résultat entre ses mains.

« Broder partout tout le temps. »

Dans les transports en commun, au parc en été, toute minute est bonne à prendre. Sa passion lui donne cette capacité de s‘immerger et de faire abstraction de tout le reste. C’est un peu son polar quotidien, qu’elle a toujours hâte de terminer pour voir le résultat.

Si au fil des commandes, elle a pris la main, cela nécessite tout de même un temps considérable. Car il n’est pas question pour elle de passer de la broderie manuelle à la broderie sur machine. La version vintage sinon rien!

A l’attaque !

La base, c’est toujours un dessin ou une phrase qu’elle décalque car elle ne travaille pas « à bras levé ». Les dessins, motifs, phrases et messages, elle les puise dans son imagination, dans des magazines, des séries, des films. Libre à chacun de venir avec son modèle, sa propre illustration, et de lui soumettre pour réalisation.

Reste à choisir le support. Ici aussi tout est permis. Julie s’adapte, repousse ses limites, challenge vos idées les plus folles pour allier matières et broderies. Du tissu classique, au cuir en passant par le papier pour de jolies cartes postales à message, Julie relève les défis avec brio.

Ne reste plus qu’à choisir les couleurs, ou les tons que vous désirez, ou encore de lui laisser le champ libre.

La broderie en mode multifacette

Les basiques se prêtent à merveille à son travail que ce soit pour égayer et personnaliser un Tote bag, devenu le compagnon incontournable du quotidien, ou donner une touche funky à un t-shirt uni.  En pratique, vous amenez votre pièce, sinon elle vous propose des basiques fair trade sur lesquels elle brode ensuite.

« Enjoliver les défauts ou l’usure. Rendre la pièce unique. Dans une démarche zéro déchet et slowfashion. »

Mais ce n’est pas tout, la broderie est devenue un atout pour ralentir la fin de vie de certaines pièces. Elle peut servir à dissimuler une vilaine tache ou un petit trou dans votre pièce préférée. C’est d’ailleurs en voulant dissimuler une série de trous minuscules, que sa broderie a pris la forme d’une fleur grimpante.

          

Si vous la cherchez, elle est ici

Pour commencer, vous pouvez la suivre sur les réseaux sociaux, vous en aurez plein la vue.

Dans la vraie vie, vous pouvez la trouver à la Tricoterie lors des marchés de créateurs, où elle brode en live d’ailleurs. Un petit côté humain, amusant, intriguant, sensibilisant, bref, un bon moment pour tous.

En partenariat avec l’atelier Moondust, vous pouvez mettre votre patience à l’épreuve l’espace de quelques heures. Des ateliers d’initiation à la broderie sont organisés et pour en être informés filez sur sa page Facebook.

 

Bénédicte van Egeren

Dans l’atelier de Kim Verbeke

En plus d’être décoratif, c’est surtout très utile. La vaisselle en céramique vous habille une table et n’est pas plus fragile que l’ordinaire. Et ses composants sont au plus proche de la nature. La céramique a donc tout pour séduire! Kim Verbeke a accepté de me partager sa passion pour la terre et nous dit quelques mots sur cette technique ancestrale.

« On ne sait pas plaire à tout le monde mais si tu sais en vivre même à mi-temps, c’est déjà gagné »

Biologiste le jour, touche à tout le soir. Kim vogue entre l’univers de la photo, la création de bijoux et se laisse emmener le temps d’un stage dans les méandres de la poterie. Tant et si bien, qu’à l’issue de ce dernier, elle attaque les cours du soir pendant trois ans ! La poterie est donc venue au fur et à mesure. D’un côté, il y a la variété des choses à faire. De l’autre, il y a obligation de respecter un certain rythme. C’est aussi synonyme de retour au respect de la matière, et ça oblige à freiner les choses.

 « Il y a quelque chose de magique de partir de la terre et d’avoir in fine une pièce, qui est utilitaire et 100 % toi. »

La poterie, chacun sa technique

Un œil non aguerri pourrait s’y tromper mais la poterie, ce n’est pas moins de trois techniques ! Et oui, rien que ça.  Chacune exige une maîtrise différente de la terre, et des ustensiles pour la travailler. Il y a la technique du tour qui consiste à faire tourner la terre jusqu’à obtention de la forme / objet désiré. Celle des plaques qui consiste à donner forme à la terre en la coinçant entre deux plaques. Et enfin celle des boudins, encore appelée colombage, où on superpose une série de boudins que l’on solidarise et puis qu’on lisse jusqu’à obtention de la pièce voulue.

Tourne, tourne, tourne

Kim a choisi la technique du tour, ce qui ne l’a pas empêchée d’essayer une année de colombage et de plaque.

« Le tour c’est quelque chose de magique, j’aime le volume qu’on sait réaliser en quelques « tours » de main. »

Le tour demande un niveau de relaxation et de concentration considérable, il faut être bien centré car la constance est de mise. Pour ce faire, elle prépare une vingtaine de « boules ». En général, les trois premières sont des « brouillons ». Après elle attrape l’œil et arrive à en faire plusieurs pareilles. Par contre ce qui est sûr c’est que réaliser deux pièces identiques, c’est juste impossible.

De la terre à l’objet

La céramique, finalement, c’est quelque chose de très naturel puisqu’elle se compose essentiellement de terre. Mais quelles sont les étapes nécessaires à un si joli résultat, à part énormément de patience…

Après avoir donné la forme à sa pièce, celle-ci doit faire un premier passage dans le four. Ensuite, application d’une couche d’émail, qui est optionnelle puisque c’est surtout une question de rendu. Et retour au four pendant 12h. La chaleur devant augmenter par palier pour atteindre les 1250 degrés, la totalité du processus peut donc prendre jusqu’à trois jours.

Des mois de tests plus tard, ce travail délicat induit toujours son lot de ratés. On n’est pas à l’abri qu’une pièce pète un plomb, et ce même lors de son dernier passage dans le four.

Matière naturelle et locale

Les terres utilisées proviennent d’endroits variés. L’origine est toujours connue et certaines carrières ouvrent leurs portes pour une petite visite.

Kim a sélectionné quelques terres qui lui permettent entre autre de faire de la porcelaine, du beige, du gris moucheté et du noir. A cela se combine, les émaux. Qui sont soit transparent soit de couleur et qui influent la texture et le rendu de la pièce.

Des rencontres & des collaborations

Que ce soit culinaire ou décoratif, Kim a décroché de chouettes collaborations qui lui ont permis de persévérer dans son magnifique projet.

Un resto, une boutique de plantes pour des cache pot exclusif, de chouettes vitrines quand on débute ! et l’emballement des réseaux sociaux pour couronner le tout…

 « Il y a des gens que tu rencontres et qui sont « tes » déclics. Ils te donnent la chance, et sont tes tremplins »

100% sur commande

Rien n’est en stock mais tout est réalisable ! Service complet, tasses, bols ou encore pichet et saladier. Il suffit d’un tour à l’atelier pour commander la vaisselle qui vous ressemble le plus. C’est le moment de laisser aller votre imagination !

Il n’est pas exclu qu’un webshop voit le jour, mais uniquement avec ses jolies tasses à thé et à café.

Bénédicte van Egeren

Je décapsule, tu décapsules, nous poi…ons

Apparus d’abord aux couleurs classiques, il y en a maintenant pour tous les goûts et tous les supporters. On ne les présente plus, ces petits bonhommes qui meublent bon nombre de tiroirs de cuisine. Par contre, leur histoire vous est peut-être encore inconnue voire fragmentée. Mais saviez-vous également que la famille s’était agrandie ? Plus qu’un objet, une création, New Life Factory est un projet avec de belles valeurs, que vous allez découvrir aux côtés de Robin !

De l’ambiance des jeux de bistrots au décapsuleur

Sensible aux matériaux authentiques, bruts, aux jeux de café et chineurs à ses heures perdues, la possession d’un véritable kicker était un rêve pour Robin. Qui se l’est donc octroyé grâce à son premier salaire. Quand il a du s’en séparé, il a quand même conservé quelques joueurs qui avaient été fournis avec.

En les laissant trôner fièrement sur son bureau, lui est apparue l’idée parfaite pour détourner le but premier de tous ces petits joueurs. Le décapsuleur était juste parfait car il laissait aussi les joueurs dans leur ambiance initiale, celui des bistrots et de la bière… Ne reste plus qu’à mettre le tout en musique.

Comme pour beaucoup, après en avoir offert un qui remporta un succès immédiat, apparurent rapidement quelques commandes et un engouement… La décision d’en faire une centaine supplémentaire tomba rapidement. New Life Factory vu le jour. Son credo, du neuf avec du vieux, du détournement d’objet.

Mais d’où proviennent tous ces joueurs ?

De marché en placeurs de jeux, Robin a arpenté toute la Belgique, a passé au peigne fin toutes les bonnes adresses et s’est créé une place de choix dans le milieu. Mais malgré l’œil bienveillant de tous ses fournisseurs, un jour arriva ce qu’il devait arriver…Plus moyen de trouver les authentiques, il a épuisé tous les stocks ! Deux possibilités s’offrent à lui, soit arrêter et changer d’objet soit assurer la continuité des bonhommes et les reproduire. Mais comment ? Où ?

Et quand il n’y en a plus, y en a encore!

A l’époque, les joueurs de kickers destinés au marché belge étaient réalisés en Belgique. La production se concentrait alors entre les mains de trois quatre entreprises mais toutes les activités ont cessé dans les années 90. Maintenant, tous les nouveaux kickers sont produits dans les pays de l’Est…Ça perd un peu de son charme !

Mais Robin était bien décidé à remuer les archives et garder l’authenticité de ses décapsuleurs. Après de multiples recherches, c’est dans le Limbourg qu’il a finalement trouvé une des entreprises qui assurait anciennement la production.

Au-delà du Made in Belgium, le défi de la relance

Ce n’est pas tout de retrouver les plans de fabrication. La partie s’est corsée quand il a fallu convaincre de relancer la production. Tout remettre en place, recommencer, former le personnel et se procurer quelques outils manquants.

Outre le fait que tout est fait en Belgique, la beauté du projet c’est d’avoir remis à l’emploi quatre personnes qui sont devenues spécialistes dans la réalisation des joueurs. Tout se passe ici, de la transformation du hêtre, fraîchement coupé dans la Province du Luxembourg, à la livraison de la cargaison de joueurs multicolores qui ne demandent plus qu’à trouver acquéreur.

Un travail minutieux et de grande précision

C’est impressionnant de voir toutes les étapes nécessaires à la réalisation de ces joueurs. Que ce soit scier pour donner forme, forer le buste au calibre précis, mettre de la couleur, dessiner leurs traits au pinceau ou encore monter le packaging. Tout ce travail se passe entre ces mains devenues expertes et fières de contribuer à cette aventure.

Youpiiiiiiiiiie, la famille s’agrandit

Si ses décapsuleurs font sensation, tout le monde lui soufflait d’élargir sa gamme. Mais en même temps, que faire ? L’idéal serait de rester dans l’univers du jeu et de l’utile, pour conserver cet univers si particulier.

Lors d’une de ses visites à un placeur de jeux, actif à Anvers depuis trois générations, le gérant lui avait proposé des billes de billard. Oui mais on en fait quoi ?

Après un temps de maturation, l’idée s’est concrétisée par un dessin. Mais quelques flèches à son arc manquaient pour réaliser cette nouveauté. Le quincailler, lui fournissant les clés métalliques des décapsuleurs, lui fut d’une aide précieuse. Il l’aiguilla pour trouver LA bonne pièce métallique à utiliser afin de permettre au poivrier, monté d’une bille de billard, de moudre à la perfection.

Et la bonne nouvelle, c’est que les stocks de vieilles billes ne sont pas encore vides. Car devinez où se trouve le plus grand producteur de billes de qualité toujours actif? Dans le Hainaut ! Les billes doivent être parfaites sinon la trajectoire est faussée sauf quand on les détourne…

Si vous êtes en panne de poivrier, il ne vous reste plus qu’à choisir votre chiffre porte-bonheur !

Bénédicte van Egeren

Le KOTTON dans tous ses états

De la déco et des accessoires mais surtout des motifs uniques et beaucoup de coton. Le tout entièrement réalisé à la main à Bruxelles et personnalisable à souhait. C’est ce que propose Séverine, à la tête de la jeune marque KOTTON.

Le graphisme comme fil rouge

Graphiste de formation, bloquée devant un ordi toute la journée, Séverine avait envie de revenir au manuel. Se replonger dans l’atmosphère de l’atelier et de l’encre fraîche. Pour ce faire, elle reprend des études de sérigraphie. Elle est instantanément attirée par le tissu, son côté souple, fluide mais à ce moment-là, elle ne sait pas trop quoi en faire. C’est quand vient le temps de passer devant le jury qu’elle se jette à l’eau et confectionne quelques trousses. S’en suivent rapidement les commandes pour les proches, et pourquoi pas un premier marché de créateurs!

Les débuts de Kotton

Pour assouvir son envie de créer quelque chose de plus personnel, elle se lance un premier challenge, un marché. Sauf qu’à ce moment-là, elle n’a ni nom, ni visibilité sur le web. Débute donc une course contre la montre pour créer une identité visuelle mais aussi préparer ses créations. Le nom choisit fait tout naturellement référence à la matière utilisée. Mais pourquoi le K ? Ça c’est plutôt une raison graphique ! C’était il y a tout juste un an.

La marque de fabrique de Kotton

La particularité de KOTTON, c’est que Séverine réalise toutes ses sérigraphies elle-même. En plus de laisser cours à sa créativité, cette méthode permet aussi de gérer ses quantités, de créer tous ses motifs et de varier les couleurs d’impression. Tous ces tissus sont blancs à la base, seule la texture varie. Opère ensuite la magie issue de son imagination.

Petit tour au labo pour ce 100% handmade

C’est au labo de l’académie qu’elle se rend pour faire ses impressions manuelles. Mais avant cela, un travail préparatoire conséquent est nécessaire. Créer les motifs sur ordi, préparer les tissus, les laver, les repasser…Une fois au labo, là aussi un temps de préparation est nécessaire. Etendre les tissus sur le cadre, réfléchir à optimiser le tissu, préparer les encres. Ces dernières sont toutes à base d’eau et Séverine crée elle-même ses couleurs à partir des quatre couleurs de base. Enfin, un temps de séchage est nécessaire pour que la couleur se fixe correctement. A l’issue d’une session de deux à quatre heures, elle aura réalisé entre cinq et dix pièces…

A ce stade, il lui reste encore tout ce qui est assemblage. Elle a dû apprendre à coudre car c’était un terrain tout a fait nouveau pour elle. Kotton c’est donc du 100% handmade. Ce n’est donc pas démérité l’obtention du Label artisan, qui permet de valoriser la technique utilisée pour réaliser toutes ses créations !

Déco, accessoires, femmes et bientôt hommes 

Côté déco, on retrouve des housses de coussins et des petits paniers mutli-usage. Un des accessoires phares pour les femmes, c’est la pochette en tissu et simili cuir. Astuce supplémentaire de KOTTON, tout est réversible, on les retourne au gré de nos humeurs. Les tissus sont 100% coton. Chaque produit à son tissu pour permettre de varier l’épaisseur et la trame.

Pour tous, des sacs cabas sont également dispo, qu’elle réalise entièrement à partir de métrage de tissu neutre. Elle compose son modèle, le sérigraphie et y ajoute les finitions, telle qu’une pression pour le fermer…pas de doute, tout est vraiment fait main ici !

Bénédicte van Egeren

Tout se détourne, rien ne se perd dans l’univers de Phil by Philippine Henry de Frahan

Ma première rencontre avec Philippine date d’il y a plus de deux ans. Véritable coup de cœur, je n’ai cessé de la suivre, que ce soit lors de ses ventes ou pour une commande spéciale (oui oui ma collection s’agrandit et c’est devenu une addiction familiale). Je vous partage aujourd’hui cette belle découverte déco. Tout est fait handmade, essentiellement à partir d’objets dénichés par ses soins à diverses occasions. Une imagination débordante et des créations en perpétuelle évolution.

D’où vient ce goût et cette maîtrise de la déco?

Instit de formation, Philippine n’a exercé qu’un an avant de se tourner vers le privé pour ensuite claquer définitivement la porte et se lancer à son propre compte pour le plus grand bonheur de nos intérieurs. Mais d’où vient cette passion? Dès son plus jeune âge, une fois par an, elle chamboulait sa chambre et déménageait l’intégralité « pour refaire vivre l’espace et le redécouvrir». Sa mère, très branchée déco, était dans le milieu de la brocante et composait des vitrines.

Faire des choses de ses mains, chipoter, transformer les objets…elle adore. L’aventure a commencé au détour de deux pots à lait, revisités pour l’occasion. Ne servant plus de contenant, leur utilité a basculé, ils ont pris place dans un salon en guise de luminaire. De retour derrière son ordi au boulot, ses pensées turbinent, elle savait qu’elle se plantait de job. Elle décide donc de refaire une lampe avec des objets chinés. Le coup d’envoi est donné.

De la lampe au tableau, il n’y a qu’un pliage

 Les lampes, elle les a quasi toutes faites. Tout ce qui se trouve sur un étal de brocante ou dans un grenier est susceptible de se retrouver à éclairer une pièce. De la rappe à fromage au cadre de raquette, en passant par les ressorts, les livres ou bien la passoire. Le tout surmonté d’une grosse ampoule à filament et d’un fil coloré. Même si toutes les lampes sont différentes, une impression de tourner en rond s’est fait ressentir, il y a peu. Plus particulièrement dans la maîtrise de la technique. En recherche de nouveautés, de challenges et de créations,  elle s’est mise à travailler le papier. Quel est le lien ? Si on creuse, les livres sont présents depuis le début dans ses créations. Déclinés en lampe, que ce soit une pile de livre comme socle, puis un pliage qui fait office de socle. Pour ensuite arriver au livre « assiette » façon déco murale. Vous savez celles qui trônent dans la salle à manger de grand-mère ? Philippine a décidé de les remplacer par des livres en « pliage ». De là, il n’y avait plus qu’un pas pour réaliser un tableau. Vous me croirez donc si je vous dis que c’est plutôt les deux pieds joints qu’elle s’est lancée.

« Le tableau, c’est l’éclate ! »

Et voilà, message plus que clair ! Pas de doute, elle s’amuse beaucoup en les faisant et ils ont un succès de dingue. Le premier a été fait en septembre 2015. Rapidement rejoint par un deuxième, qui a été acheté pour décorer un appartement témoin. Dont elle fut la première surprise du résultat sur photo. Ni une ni deux, elle le poste sur les réseaux sociaux et se laisse porter par le flot de retours positifs. Si les débuts sont plutôt orientés livres de voyage et poche, surtout les très vieux avec des tranches colorées rouges, jaunes, verts, qui n’existent même plus.  Au détour d’un vide grenier les cartes routières et les partitions sont venues rejoindre la fine équipe des vieilles reliques.

« Quand tu vides un endroit, tu trouves des choses auxquelles tu n’as même pas pensé. C’est différent de quand tu vas acheter (même en seconde main) ou tu trouves ce pour quoi tu es venu. La stimulation est complètement différente. Partir d’une idée et trouver l’objet ou partir de l’objet et le faire vivre. »

En un an et demi, les tableaux ont déjà bien évolué. Que ce soient les pliages, la matière première ou le support. Du bois au plexi, en passant par la possibilité d’introduire un miroir. Bref, il y a moyen de chipoter et de s’améliorer tout en proposant de nouvelles choses, à l’infini. D’ailleurs, un projet de table basses est à l’étude…affaire à suivre donc !

 « C’est primordial de toujours innover, recréer quelque chose. C’est aussi bon pour toi que pour les autres. »

De ventes privées en vente privées

C’est son moyen à elle de se faire connaître, ou suivre. Comment se passent ces ventes ? Sont- elles toujours « rentables » ? « OUI, soit humainement soit financièrement mais elles apportent toujours quelque chose ». Lors de sa dernière vente, un de ses clients s’est avéré son prochain fournisseur de plexi (qui a une petite usine à Drogenbos)… Voilà un nouveau contact de créé mais qui reste différent d’un pur contact professionnel ou social… Un échange avec des réponses qui aident à avancer. Le hasard n’est-il pas bien fait ?

Les challenges de Monsieur et Madame tout le monde

Les commandes des particuliers amènent leur lot de joies et de tortures. On lui a par exemple demandé de réaliser un tableau à l’aide d’une bible…elle a donc dû apprivoiser la technique du pliage pour des feuilles de bibles qui sont au combien fines et délicates et ne se laisse pas faire comme un vieux livre de poche tout raide…Si faire quelque chose de particulier permet de développer de nouvelles choses. Le côté humain est également aussi fort présent. C’est du pur plaisir de réaliser ce type de commande, tantôt elle s’amuse tantôt elle s’arrache les cheveux! Mais ce qui est sûr, c’est que c’est un moteur de l’évolution, comme dans tout métier !

Et si vous vous demandez si elle a lu tous les livres qu’elle plie, la réponse est non! Mais il n’est pas exclu qu’elle en mette un de côté pour le lire avant de le plier. Par contre, aucune pitié pour le démonter et lui donner son nouveau statut.

Bénédicte van Egeren

Une paire de lunettes où seule l’imagination est la limite, le pari réussi de Ludovic

Dans les années 80, il y avait encore pas mal de lunetiers. Maintenant, Ludovic est le seul en Belgique. Pour notre plus grand bonheur ! Depuis un an, je trépigne de curiosité. C’est chose faite, j’ai enfin rencontré Ludovic dans son atelier-boutique-salon, située au sablon. Avec un peu plus d’un an d’activité et déjà plus d’une centaine de paires créées, l’avenir de ce métier d’antan a plutôt bonne mine. Rencontre!

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Pourquoi, pourquoi, pourquoi, en Belgique, il n’y a aucun lunetier ?

Ludovic est opticien-optimétriste de formation. ludovic-all-color-8261Il a travaillé chez Hoet, à Dansaert. Mais il ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur la disparition des lunetiers en Belgique. Pourquoi, il n’y en a plus ? Est-ce si compliqué? Avec cette question en tête, Ludovic est parti en quête d’une formation de lunetier. Il s’est d’abord rendu une semaine dans le Jura, car il n’y en a plus non plus en Belgique. Verdict ? L’expérience fut concluante, « ce n’est pas facile mais c’est faisable ». Il y est retourné plusieurs fois pour suivre des modules d’une semaine afin de se former aux techniques de la lunetterie.

A l’heure où la technologie permet de faire des miracles, tels que des impressions d’objets (y compris des lunettes), Ludovic a décidé de prendre le chemin inverse. Il veut faire un pas en arrière et revenir aux techniques d’avant, à la maîtrise manuelle de la conception. Et il a débuté avec le strict minimum, le set d’outils qui lui a servi lors de sa formation.

Des lunettes sur mesure, pour qui pour quoi ?

Tout d’abord, pour le confort ! On est tous différents, nul corps n’est parfait. Chacun a son lot d’asymétrie, plus ou moins gênante. L’idée de la monture unique répond à un visage qui l’est tout autant. Le cas des lunettes posées légèrement de travers car votre nez n’est pas droit n’est pas rare. L’objectif ici est d’en faire une deuxième peau. Du coup se côtoient les désespérés en quête de solutions. Ludovic a déjà comblé des personnes aux profils forts différents. Une personne qui avait une tête trop large et qui était toujours comprimée dans ses branches. Une qui devait se fournir au rayon enfant car son visage était très étroit. Enfin, le challenge de concevoir une paire pour quelqu’un qui n’avait qu’une oreille, et de la faire tenir à l’aide d’une béquille. Bref, du sens il y en a !

Mais le sur mesure séduit aussi les curieux, les collectionneurs de belles matières, les avides d’originalité,… Parfois il a le champ libre, parfois il a une demande avec une condition précise. Pour mieux comprendre l’infinité des possibilités, il faut s’intéresser à tous les jeux possibles. Que ce soit sur la forme de la monture, sur l’épaisseur (des couches peuvent se superposer pour obtenir une monture plus ou moins fine ou une nuance de tons), sur la forme des branches, sur l’asymétrie, sur le dessin dans la monture, sur les couleurs,…. Quoi qu’il en soit, deux rendez-vous clients ne se ressemblent jamais.

La clientèle est locale, nationale ou internationale. Les clients n’hésitent pas à se déplacer. Ils viennent parfois de loin au détour d’un voyage. Mais ils devront refaire halte à Bruxelles pour récupérer leur monture car Ludovic ne laisse aucune création s’échapper sans un dernier essai en live pour s’assurer que tout soit parfait. Ludovic est patient et garde la monture le temps qu’il faut pour que le client repasse par Bruxelles. Dans l’atelier, il y a un mur composé de boîtes en attente de leur propriétaire.

Quelles sont les étapes de la confection d’une paire sur mesure ?

Lors du premier rendez-vous, vous serez invité à prendre un café, papoter et faire connaissance dans le salon à l’étage (qui à l’occasion peut accueillir des ventes de créateurs). Vous définissez vos attentes, décrivez votre style, choisissez votre matériau, essayez quelques paires «ready to wear», de créateurs indépendants triés sur le volet. Ensuite, toutes les mesures sont prises ainsi qu’une photo de votre visage, qui sera utilisée en grandeur nature par la suite pour permettre le dessin de lunettes à taille réelle. Ca y est, vous êtes libre, maintenant c’est Vinciane, sa femme, qui va s’occuper de dessiner plusieurs paires à l’ordinateur et les imprimer à taille réelle afin que deux semaines plus tard vous puissiez « essayer » et choisir VOTRE paire. Vous aurez le choix entre 5-6-7-8 modèles. C’est une monture, sans branche, qui se présente sous forme d’un papier transparent qui fait office de verres. On sait dès lors les poser sur son nez pour s’imaginer le rendu. Là, il ne reste plus qu’à choisir. Et si aucun modèle ne vous convient dans les propositions dessinées, pas de problème, il suffit de redéfinir les attentes et c’est reparti pour un tour.

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La réalisation de la monture prend environ une cinquantaine d’heures. Patience donc! Pour le moment, les délais sont de trois mois d’attente. Vous les recevrez dans un superbe étui en cuir, réalisé par Niyona, un maroquinier bruxellois.

Un petit tour dans l’atelier et présentation des matériaux nobles

L’atelier s’est peu à peu accessoirisé. Pour débuter, quelques outils de base, utilisés lors de la formation suffisent. Peu à peu l’atelier s’est meublé. La quantité d’équipements de l’atelier est plutôt impressionnante. D’une part tout ce qui est dédié à la fabrication artisanale de la monture et d’autre part, tous les outils d’un opticien.

Ses matières premières sont toutes naturelles et sont au nombre de trois. L’acétate de cellulose, mélange de fibre de coton et de plastifiant, qui permet une gamme de couleurs énorme. La corne de buffle qui a la particularité de ne jamais être unie, provient directement du Vietnam ou encore de Madagascar (elle provient d’animaux déjà tués pour une autre raison). Enfin, le bois. Ludovic en a déniché un lot vieux de 100 ans qui a aussi sa petite histoire. Il l’a acheté à un Gantois qui mettait un terme à ses activités, qui l’avait repris d’un Liégeois, qui l’avait trouvé chez un Parisien. Bref, un bois voyageur qui offre des couleurs et des textures super originales, du tulipier à l’amarante en passant par le poirier ou encore le bois de rose. Une palette bien fournie qui n’attend que les idées les plus folles pour superposer les couches et donner naissance à une monture unique!

Les matériaux arrivent souvent à l’état brut à l’atelier. Le bois est sous forme de grandes planches très fines, on dirait une écorce. L’acétate arrive par plaque de grandeurs diverses. La corne arrive sous forme de plaque. Tantôt brute, tantôt polie.

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L’équipe s’agrandit et passe de un à trois voire quatre

En octobre 2015, il s’est lancé en solo avec son set d’outils de base. Au cours de l’année, il a été épaulé par Dorian, stagiaire en dernière année. En septembre, ce dernier a intégré l’atelier car le carnet de commandes explosait. Maintenant, ils ne sont pas deux mais trois. Sa femme a quitté son boulot pour venir apporter son support et s’occupe essentiellement des dessins et de la communication.

Pour la petite histoire, le choix du lieu a changé en dernière minute et il a signé pour l’emplacement au sablon le jour de la naissance de son ptit bout. Ne vous vous étonnez pas si vous le voyez apparaître, c’est son terrain de jeu et c’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a aucune paire de lunettes qui traîne en vitrine.

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Quel beau chemin parcouru en à peine un an

Finalement, il est parti de «pas grand-chose» en termes d’investissement. Il s’est appuyé sur sa brillante idée associée à un bon « capital social ». Il a récemment été reconnu pour sa qualité d’artisan et gagné plusieurs prix cette année, dont le prix du jury pour la vitrine de l’artisan 2016. D’ailleurs, une de ses paires de lunettes se balade à Tokyo dans le cadre d’une expo. Elle a été créée en collaboration avec une styliste de La Cambre. Longue vie à ce joli travail!

Pour assouvir votre curiosité, n’hésitez pas à faire un tour sur son compte instagram qui illustre superbement son travail. Et en live, c’est Rue Ernest Allard 14, 1000 Bruxelles, que ça se passe.

Bénédicte van Egeren

Le paradis de la trousse existe, il est signé Octopurse

Ces petites pépites, c’est chez Belgikie que je les ai aperçues pour la première fois ! Et je me souviens que devant l’embarras du choix, je suis repartie les mains vides. Ma curiosité était piquée, j’ai fait connaissance avec Octopurse online pour mieux me rendre compte de l’étendue de la gamme. Mon choix s’est ensuite posé sur des flamands roses. Plus d’un an s’est écoulé, et je vois les trousses fleurir dans les vitrines. Il est grand temps que vous fassiez connaissance avec Daphné !

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De fil en aiguille

Sur papier, Daphné n’était peut-être pas destinée à être la fière créatrice de ses magnifiques collections Octopurse. Après ses études d’Histoire, elle s’est directement dirigée vers le monde de la librairie, à mi-temps. Si elle n’a jamais suivi de formation de couturière, faire des choses de ses mains, elle adore ! Tout débute en version « hobbie », elle confectionne des rideaux puis des coussins. Et sur sa lancée, elle se met à réaliser des cadeaux pour les profs de ses enfants ainsi que pour sa famille. De temps en temps, Daphné s’installe une heure par jour. L’accueil, plutôt enthousiaste, réservé à ces petites créations l’encourage. Sa sortie de l’ombre, elle la doit à une voisine à qui elle a offert une petite trousse. Qui n’a pas hésité une seconde à frapper à la porte de la boutique d’à côté pour lui faire connaître les créations de Daphné. Suite à l’enthousiasme, Daphné y dépose quelques trousses…l’aventure s’officialise ! Rapidement, elle atteint les deux heures par jour, sa passion se transforme en mi-temps complémentaire.

Les dessous de la confection

Son mode de fonctionnement est celui des essais/erreurs. Et il faut beaucoup de ratés pour avancer! Mais pour Daphné, ce n’est pas tant les connaissances de couture qui priment mais surtout le fait d’être soigneux et méticuleux. A cela, elle ajoute une organisation en béton, toujours avoir du stock et être attentive au réassort, et une présence considérable !

« Je ne peux pas mettre en vente des trucs qui ne sont pas parfaits. Je fais pour les autres ce que je voudrais pour moi. »

Ses patrons sont artisanaux, elle dessine les angles et chipote jusqu’à maîtriser son sujet. C’est un processus qui prend quelques trousses.

Du porte-monnaie au sac à main

Au jour d’aujourd’hui, Daphné compte à son actif une cinquantaine de modèle. Les modèles sont de diverses tailles et utilités, qui n’a de limite que l’imagination de son propriétaire! La gamme débute avec les petits porte-monnaie, qui vont croissants, pour atteindre la taille d’une grande trousse ou nécessaire de toilette, voire d’un sac à main. Et avec le temps, la taille « étui de lunettes » et le porte-carte ont rejoint la gamme!

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Ça a l’air facile sur papier mais détrompez-vous. Le tissu, et surtout son motif, conditionne la découpe et dès lors les possibilités de modèles. Car le rendu ne sera pas identique avec une multitude de petits dessins et une grosse icône. Au-delà de l’assemblage et de la couture, il y a tout un travail d’esthétique. Et oui, Daphné attache beaucoup d’importance aux détails ! Les intérieurs sont soit ton sur ton, soit ornés de petits motifs. Pour fermer le tout, les fermoirs viennent habiller à la perfection ces petites trousses. Ils existent en de multiples couleurs et tailles (que ce soient les boules ou les allongés avec aimants). C’est en jouant sur ces variations que Daphné peut rendre ses pièces uniques, ou presque. Et last but not least, trouver le bon rembourrage ! Il est finalement fourré vlieseline et se fixe en un coup de fer à repasser.

La passion du tissu pour dénicher la perle rare

Quand Daphné vous parle de ses trouvailles, elle a des étoiles plein les yeux. Cette amoureuse du tissu et des motifs ne recule devant rien pour dénicher le meilleur, le beau, l’original, même s’il faut dealer en Japonais ! Car oui, les tissus au Japon sont magnifiques et d’une qualité exceptionnelle (coton et lin, rien que ça!) Quand sa commande arrive, Daphné est toute excitée d’enfin découvrir le tissu, de pouvoir le toucher et d’imaginer quelle trousse elle va faire. Les tissus plus épais seront plutôt dédiés aux trousses plus grandes, et les plus légers aux plus petites.

La partie recherche prend quasi autant de temps que la confection mais c’est son dada. Résultat une gamme à tomber, en série très limitée. Daphné achète entre 0,5 et 2 mètres de tissus par motif. Le tissu a aussi ses Fashion Week et ses sorties bi-annuelles, inutile de vous dire que Daphné fait des bons à l’approche de ces rendez-vous. Elle traque la moindre fuite. Grande fan de Mélodie Miller, a qui d’ailleurs elle a déjà envoyé une de ses créations avec le tissu de cette dernière qui l’a fièrement exposé lors du « Quiltmarket » (USA). Imaginez la fierté de voir sa création trôner dans un rdv de connaisseurs en avant première mondiale! Une belle visibilité pour Octopurse. Dont les trousses remportent un franc succès aux USA. Mais le rêve de Daphné, c’est de ne pas trop grandir pour pouvoir continuer à gérer tout de A à Z. Elle aime dessiner les modèles, fouiller de nouveaux tissus, chiner des fermoirs, assembler les morceaux de tissus.

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Et ses photos sont si pro !

C’est le résultat d’un travail d’équipe avec son mari ! N’hésitez pas à la suivre juste pour le plaisir des yeux sur Facebook et/ ou sur Instagram, ça mettra de la lumière dans vos journées !

Et au fait, pourquoi Octopurse ?

C’est via etsy , la plateforme de vente online anglophone, que Daphné désirait développer son commerce. Pour cela, elle avait droit à choisir un nom. Les brainstormings ont commencé: logiquement est apparu « purse » pour trousse et dans sa famille on est assez fan des animaux, « octopurse » est arrivé pus vite que son ombre!

15380792_1497904830238828_5598852835851763058_nPour les shopper online, à côté de Etsy, il n’est pas rare que Daphné lance une vente flash sur sa page Facebook. Et pour ceux qui préfèrent les magasins, elles sont dispo dans plusieurs points de vente. Entre autres chez Wattitude, Belgikie, Belge une fois, mais aussi dans une librairie à Arlon, à Huy et à Dinant !

Bénédicte van Egeren

Le Labo d’Oré, un duo de choc qui soulève des montagnes

Quand j’ai vu les coussins de Labo d’Oré chez Belge Une Fois, je n’ai pas pu résister à l’envie de savoir qui se cachait derrière ces créations toutes douces au format plus qu’original. La réponse ? Deux filles super créatives qui sont parties de leur passion pour la couture et de leur environnement quotidien pour proposer quelques produits au design irrésistible. Rencontre avec Aurélie et Florence, direction Liège !

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Le Labo d’Oré, un duo de choc 

Aurélie et Florence sont toutes deux designer industriel de formation. Elles se sont plongées de manière autodidacte dans la couture pour réaliser des vêtements et ont ensuite suivi des cours ensemble. C’est Aurélie qui s’est tout d’abord lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat en réalisant des doudous, il y a 5 ans. N’étant pas seule sur le marché, elle a petit à petit repensé ses créations mais en s’entourant d’une amie, également collègue et belle-sœur, Florence. A côté du Labo d’Oré, elles bossent toutes les deux à temps plein comme graphiste, et sont mêmes collègues dans la vraie vie ! Les pièces sont en stock très limité puisqu’elles les conçoivent pendant leur temps libre. Chapeau !

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La recherche de tissus comme vecteur d’idées

L’histoire des coussins est née d’un coup de cœur dans un magasin de tissus. Face au tissu blanc, l’idée de la montagne est apparue directement. Le nuage a rapidement complété la gamme, le blanc tout doux, c’était une évidence. Quand le tissu a été en rupture de stock, elles ont jeté leur dévolu sur de la laine bouillie pour poursuivre cette gamme. Les montagnes sont composées au gré des tissus trouvés. Tantôt texturés, tantôt lisses, unis, colorés, bariolés, neutres, vintages, seuls la forme et les sommets enneigés persistent ! Pour les jours de pluie, le nuage a été décliné en laine grise!

Les deux formes sont proposées en deux tailles différentes. Une montagne à deux ou trois sommets, les nuages soit blanc soit gris, en petit ou grand. À vous de choisir !

Leur deuxième gamme, les sous-verres en feutre, a été inspirée de leur quotidien. Se retrouvant aux réunions de famille, 15145224_1864792210409546_72205560_ola problématique récurrente de courir derrière son verre, de se souvenir où on l’avait posé et de le distinguer des autres, les a poussé à trouver une solution originale. Habiller le pied de chaque verre d’une couleur distincte. En plus de le retrouver facilement, cette idée de génie permet aussi de limiter les taches sur la table.

Et comme décidément rien ne se perd, chez nos créateurs belges, les chutes de feutre se sont vues transformées en broches décoratives, en forme de nœud ! La petite touche couleur légère et sympathique !

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Qui fait quoi ? Comment ?

Florence découpe, assemble et prépare les formes et les coussins, Aurélie les remplit et les referme. Pour le reste, elles se rendent dans un Fab Lab, ReLab à Liège, où elles peuvent disposer d’un atelier numérique qui offre la possibilité de travailler sur une multitude de machines, dont la découpeuse lazer. Le dessin est programmé numériquement et la machine découpe. Moyennnant un abonnement, ce type d’atelier permet de disposer de tout un matériel pour lequel l’investissement serait lourd financièrement ou physiquement. C’est un lieu animé par l’intellignece collecitve au service de la créativité. Bon plan, non?

La diversification des matières

Une envie plus « graphique » les animait mais elles se retrouvaient contraintes avec la matière utilisée, à savoir le tissu et le feutre. Le bois s’est donc naturellement invité dans leurs collections. Résultat, des miroirs composés de bois et de tissus ont vu le jour ainsi que des broches en bois aux motifs variés, passés à la découpe au lazer.

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Et pour être l’heureux propriétaire ?

Elles ont commencé avec un marché de Noël, il y a deux ans. Elles sont parties avec leur stock de coussins, sous-verres et broches. Depuis, elles y sont chaque année. Si vous êtes sur Liège, c’est le marché de Noël du Hangar qui a lieu le weekend des 16, 17, 18 décembre, Quai Léonard, 43 b.

Toutes ces merveilles sont également disponibles chez Wattitude à Liège, Melting Pop à Grez-Doiceau et Belge Une Fois à Bruxelles. Il faut sauter dessus quand on les croise car derrière il n’y a pas un stock de multinationale! Néanmoins, une boutique Etsy est à l’étude !

Bénédicte van Egeren

De la douceur du béton by Les Pieds de Biche

Intriguée par la matière de ses objets, je n’ai pu résister à l’envie de demander à Diam une visite de son atelier. Et surtout de connaître les coulisses de la réalisation de toutes ses créations. Comment passe-t-on de l’eau et du ciment à sa collection de déco intérieure…? La jeune marque n’a pas encore soufflé ses trois bougies mais remporte déjà un franc succès chez nous comme à l’étranger.  Je vous laisse découvrir l’histoire des Pieds de Biche et les dessous de ses productions, handmade à Bruxelles. 

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La naissance des Pieds de Biches

A l’issue de ses études aux Beaux-Arts, Diam voulait se lancer dans le garnissage de meubles. A l’heure de s’inscrire pour suivre une formation, elle arriva trop tard et jeta son dévolu sur une formation en Antiquariat. Cette dernière constitue une bonne base pour apprendre les matières (bois, céramique, verre, pièces de monnaie,…), maîtriser les nouvelles techniques et être à l’aise sur son sujet. En parallèle, elle veut déjà apprivoiser la technique du garnissage par elle-même. Elle rédige sa liste de courses d’outils nécessaires et tombe sur le micro pied de biche. « C’est devenu une évidence, en plus c’était joli, et c’était un des premiers outils à acheter ». Sa marque était née.

Les premiers travaux des Pieds de biche étaient orientés upcycling. Chiner de vieux meubles, chaises,… et les relifter de jolis motifs et couleurs. Au bout d’un moment, c’est devenu fort encombrant à réaliser et stocker, et le sur mesure prenait de plus en plus de place. Diam s’est mis en quête d’une nouvelle matière.

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Mais pourquoi le béton?

La base de son travail sont des motifs, des couleurs, des dorures. Travaillant déjà le bois, l’idéal est de pouvoir transposer le travail d’une matière à une autre. La matière choisie doit pouvoir permettre de répéter des formes et de les mélanger au bois. La céramique impliquait l’utilisation d’un four, le béton pas. Le béton s’adapte à tous les environnements, c’est une chouette matière pleine de possibilités. Il peut également se travailler comme de la terre cuite. Voila le choix posé! « Le béton est doux et sensuel, il y a moyen d’en faire autre chose que l’idée première qu’on a de lui (froid, brut,…) « .

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De l’idée à la concrétisation…

C’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de recherche. Le tout n’est pas d’avoir une idée mais comme le dit Diam: « Le challenge est d’arriver à faire ce que tu as dans ta tête, de le réaliser et d’être fière de le mettre en boutique ».

Mais quelles sont toutes les étapes nécessaires pour passer de l’eau et du liant à un objet si abouti?

La première chose à faire, c’est la préparation du béton. Après, il faut le couler dans le moule choisi, puis utiliser un contre-moule, pour les objets tels que les pots à fleur, les bougeoirs, les lampes et les miroirs ronds (tous les objets qui ont une incurvation). Ensuite, les pièces doivent sécher pendant 24h afin de libérer l’humidité. Humidité avec laquelle il faut jouer habilement car le séchage et l’apparition de petits défauts varient en fonction de la température. Une fois sec, il est temps de poncer chaque pièce, à la main en fonction des objets, puis de les revêtir de peinture (avec ou sans motifs), et de terminer par 3-4 couches de vernis. Pas mal hein?!

Et toutes ces formes alors?

Les récipients utilisés pour reproduire les objets sont soit en plastique soit en bois soit en silicone. Chacun a ses avantages et ses inconvénients, facilité à démouler ou pas, la robustesse, … Mais l’éventail du choix des formes provient en partie de pièces détournées. Par exemple, le miroir rond est un sous plat vintage en plastique, on retrouve la fameuse barquette de frites,…frisebarquettebleuclairL’inspiration vient des débuts des activités des Pieds de Biche. Où la matière première, les meubles, étaient chinés, pour être repeints.

De quoi se compose la collection Amer Béton?

Forte d’une quinzaine de pièces, la collection se décline dans une quinzaine de couleurs. pot-fleurLes objets décorés de motifs sont parfois bicolores, ou tricolores si on compte le béton. Pour rendre un effet marbré, du ciment blanc peut être utilisé afin d’obtenir ce mélange de couleurs naturel. Pour donner de la couleur à l’effet marbré, des pigments peuvent être ajoutés.

Les classiques d’Amer Béton : les planches et les triangles. Les planchettes existent en trois tailles. De la planche à déjeuner au plateau. Il y en a pour toutes les occasions. Quant aux triangles, ils sont de deux tailles et leur utilité dépend de votre imagination. Sous-plat, repose plante, simple objet de déco…il sera votre fervent serviteur quoi que vous en fassiez.

polkaLes bougeoirs, les pots de fleurs, les miroirs, rond ou triangulaire, à pendre ou à poser complètent la collection. Sans oublier le pot à bascule, de son vrai nom « Polka », qui sert de bougeoir ou de pot à fleurs, réinventez-lui une place au gré de vos envies. Sa particularité est de se maintenir incliné en fonction du poids de l’objet qu’il abrite. Impressionnant!

Le produit phare de la collection est la lampe. Mais également celle dont le pression lors de la réalisation est la plus grande. Le timing, entre le coulage du béton, l’insertion du fil et le contre-moule pour y poser le socquet sans que s’y glisse du béton relève de la haute voltige. Des mois de déchets et de gâchis furent nécessaires pour arriver à tenir en main « LE » produit fini et la maîtrise pour le réaliser à la perfection. Car Diam ne laissera jamais sortir une seule imperfection de son atelier, c’est juste inconcevable pour elle.

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L’objet « inutile » de l’année

A l’occasion de l’anniversaire de la marque, en mars, un objet vient s’ajouter à la collection. Sa particularité? N’avoir aucune utilité. Tout a commencé avec des cacahuètes et des noisettes dorées à la feuille. Issu du dicton « valoir son pesant de cacahuètes ». unnamedPartir de mots, phrases pour donner naissance à un objet est un héritage de sa formation aux Beaux-Arts. La collection s’est ensuite complétée avec le cannelé et l’esquimau. 2017 nous a apporté LA gaufre…

Et où se procure-t-on ces objets?

Plusieurs points de vente en Belgique et à l’étranger. Vous les retrouvez à Bruxelles, chez Belgikie, Belge Une Fois, Pépin la Lune,… la liste complète est ici.

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Bénédicte van Egeren