Une cosmétique bio, moderne et belge, c’est Seconde Nature

Voici mon deuxième coup de cœur belge pour les soins visages et corps. Ils se complètent à la perfection mais surtout, ils offrent des produits légèrement différents en termes de composants. Ici, les huiles essentielles ne sont pas du tout privilégiées, bien au contraire. Les secrets de la réalisation, c’est par ici, en compagnie de Perrine Rase.

Sauter pieds joints dans l’entreprenariat

Le domaine des cosmétiques, ça lui parle à Perrine. Mais surtout à son échelle perso, dans sa salle de bain, à titre expérimental. Après des études de commu et sa première expérience professionnelle, un constat : gros décalage entre ses valeurs et le contenu de son travail. Si jusque-là, elle n’avait pas envisagé les cosmétiques comme voie professionnelle, après réflexion elle se dit qu’il y a quand même une carte à jouer.

En bonne autodidacte, elle augmente ses connaissances en cosmétiques et rentre en couveuse d’entreprise. Les premières années ne sont pas les plus faciles : entre le don de soi et le nombre incalculables d’heures sans salaire. De tous ses sacrifices, s’en suit une reconnaissance énorme mais surtout le sentiment d’être utile à la société et d’être à la bonne place.

Une marque bio pas comme les autres

Quand on regarde le marché des cosmétiques bio et naturels, on voit que ces dernières années il s’est quand même bien développé. Mais Perrine, elle, a une autre idée en tête. Ce qui n’a pas évolué avec la diversité des produits, c’est l’image de bobo/marginal qui utilise des cosmétiques bio mais surtout des soins qui puent et dont le packaging n’a pas été pensé plus d’une minute. Résultat, pas très sexy à vendre aux non convaincus. Et pourtant, pour elle, c’est ce public-là qu’il faut aller chercher et convaincre de changer. Elle est donc là sa carte à jouer !

 «Il faut attaquer l’ennemi sur son terrain. C’est la première impression qui est la bonne, le packaging ne doit pas être négligé. »

C’est donc la raison pour laquelle Seconde Nature a décidé de se démarquer grâce à un packaging sympa, bien pensé avec des contenants qui collent à son image. Perrine est une jusqu’auboutiste, son goût pour le bien fait et le beau mais surtout le produit propre y sont pour quelque chose.

Oui à un olfactif fort, non aux huiles essentielles

Autre différence notoire, les huiles essentielles. Perrine a décidé de s’en passer même si outre leurs propriétés ce sont d’excellents conservateurs naturels…tanpis pour la facilité ! Elle les considère plutôt comme des médicaments auxquels il ne faut pas s’habituer mais surtout elles ne conviennent absolument pas aux peaux sensibles qui risquent des allergies. Ce sont un peu les « oubliés » de la cosmétique bio.

L’olfactif occupe un poste financier important dans la réalisation de produits cosmétiques et beaucoup de jeunes entreprises font l’impasse. Or pour Perrine, c’est un facteur clé. Elle a décidé de prendre le contre-pied et d’y faire la part belle. Si à ses débuts elle privilégiait les parfums tout fait maintenant elle élabore ses propres parfums et compose de nouvelles fragrances en y prenant un certain plaisir.

Son objectif est que chaque soin nous transporte dans un univers de souvenirs différents (vacances, jeunesse,…).

La gamme et ses actifs

Du lait corporel à l’anti-âge, en passant par la crème visage et mains. Sans oublier le spécial peaux à problème, qui a vu le jour tout récemment.

Si la gamme est bien assise. Ce qui évolue encore souvent en fonction des expériences et des retours, ce sont les composants des soins. Perrine cherche à sans cesse améliorer ses produits.

« En travaillant avec des huiles végétales, on travaille avec du vivant, une plante n’est pas l’autre, la nature est en mouvement constant, ce sont les aléas de ce type d’ingrédients. »

Dans ses produits, on trouve aussi des actifs un peu inédits tels que l’inuline de chicorée, des extraits de palmier de Floride, actif pointu mais peu connu. Bref, un concentré de principes actifs de qualité qui en fait une gamme abordable au vu des contraintes colossales imposées par ce type de cosmétiques. L’objectif premier n’est pas de se transformer en une marque de luxe, ce n’est pas le public recherché.

On ne lésine pas sur la qualité

Avec un système de conservation ultra light, ses produits peuvent se conserver 30 mois. Perrine a décidé qu’après maximum un an, ses produits devaient être déstockés pour garantir des produits les plus frais possibles et une qualité optimale. Les matières nobles étant plus fragiles que les autres.

En plus d’être naturels et bio, ses produits sont labelisés « Slowcosmétique ».

Echelle locale et packaging propre

Pour ce qui est des ingrédients belges, c’est assez compliqué car il y a le chanvre belge. Mais ce n’est pas stable du tout comme composant.

Par contre, pour tout ce qui est packaging, les acteurs locaux sont privilégiés. Les contenants sont en verre afin de ne pas dénoter avec les valeurs écologiques de la marque. La crème pour les mains est quant à elle dans un tube en plastique, doté d’une poche interne qui se retourne pour obtenir les derniers ml de crème cachés au fond du pot !

Bénédicte van Egeren

FACON JACMIN, du denim et rien d’autre

Un dressing féminin entièrement conçu en denim, c’est le pari de la jeune marque FAÇON JACMIN. Mais l’originalité du concept ne s’arrête pas là. Pour être proche de leurs clientes, les deux sœurs à la tête du projet ont choisi de développer leur marché en privilégiant la vente directe avec une façon bien à elles. Mais qui se cache derrière FAÇON JACMIN ?

Un duo que tout oppose mais qui se complète à merveille

A la base, deux sœurs, jumelles, aux caractères et parcours bien distincts. Ségolène plutôt entreprenante et Alexandra plutôt créative. Si sur papier cela paraît évident, le chemin menant à un projet commun à pris son temps. Elles ont évolué chacune de leur côté, Ségolène a étudié en Flandres, et est ingénieure civile de formation. Alexandra s’est formée au stylisme à Bruxelles puis s’est envolée pour Paris, se faire la main auprès de la Maison Martin Margiela et Jean-Paul Gautier.

L’impulsion vient de Ségolène. C’est dans son rôle de consultante/ coach de jeunes entrepreneurs que le déclic est apparu comme une évidence. Devenir à son tour entrepreneure. Depuis ce jour, elle cherchait son corps business tout en essayant d’y entraîner sa sœur. Car la complémentarité de leurs profils, elle l’avait décelée. Le don artistique de sa sœur pouvait faire des ravages. Il ne restait donc qu’à la convaincre.

Elle a dû s’y prendre à plusieurs reprises mais c’est lors de Noël 2014, quand Alexandra a débarqué avec des dessins, qu’elles se sont lancé le défi de monter quelque chose pour « dans un an et demi ».

Elles allaient devoir apprendre à bosser ensemble, elles qui n’avaient jamais vécu dans la même ville. Les rôles se sont vite répartis de manière assez naturelle. FAÇON JACMIN a vu le jour en mai 2016. Pari tenu donc pour les jumelles.

Le denim dans tous ses états

N’ayant jamais travaillé la matière, il fallait l’apprivoiser et surtout voir si tout ce qu’elles avaient dessiné et pensé donnaient les résultats escomptés. En termes de style, de qualité et de faisabilité. C’est grâce à une bourse de pré-activité qu’elles ont pu lancer les commandes et les premières productions.

Au niveau production, Alexandra dessine et fait les patrons. Une modéliste a comme tâche de faire le lien entre le dessin et ce qui sortira de l’usine. Elle doit traduire le dessin pour que la réalisation colle à 100%. Tout part ensuite en Bulgarie où est réalisé un premier prototype. Vient ensuite l’essayage et l’adaptation ici avant de lancer la production.

Tous les denims sont des indigo naturels. Ils vivent au fur et à mesure des lavages, ils ne sont absolument pas délavés à l’achat. Si la base est toujours le denim, il n’est pas exclu que des finitions viennent sophistiquer la pièce. Telle que le Blazer en denim qui arbore un revers en soie, tissée à la main au Cambodge par une ONG. Tout le denim vient du Japon car apparemment ce sont les champions. Mais pourquoi ? Car les Japonais auraient récupéré toutes les anciennes machines des States qui tissent d’une façon plus dense.

Intemporel, élégant, féminin et confortable

Intemporel de par la matière et les modèles. Les pièces s’adaptent à une large panoplie de silhouettes puisque les jeans sont dotés d’élastiques à la taille et que le trench et la robe tablier se ferment via une ceinture nouée…Vive le denim flexible!

De par les coupes, les finitions et le travail des matières, les pièces restent très féminines, élégantes et confortables, pour un usage quotidien.

Les collections ne suivent pas spécialement le rythme des saisons. Elles sortent régulièrement par capsule pour permettre de maintenir un univers dans les shootings et une certaine efficacité de production.

On the road, la boutique à quatre roues

L’objectif de FAÇON JACMIN est de pratiquer la vente directe. Que ce soit online, en pop-up, l’idée est de vendre en gardant sa liberté. Et pour ça, elles ont pensé à un moyen plutôt original. Une camionnette, réaménagée pour l’occasion, qui se déplace à la rencontre de ses clientes.

Le printemps va être Denim : entre pop-up chez Natan et magasin mobile

FAÇON JACMIN vient de remporter le prix « c’est du belge » 2016. Elle s’offre donc une expérience d’un mois dans un pop-up temporaire au sein de l’enseigne Belge incontournable : la Maison Natan. La collection sera donc disponible dans ce lieu emblématique du 21/03 au 22/04, rue de Namur 78 à 1000 Bxl, aux côtés de trois autres lauréats belges du concours. De belles découvertes en perspective.

Avec l’arrivée des beaux jours, la camio reprend sa route. Elle stationne à Anvers (deux samedi par mois) et à Bruxelles, sur la place Sainte Catherine (deux dimanches par mois). Le premier RDV bruxellois de la saison est ce dimanche 19/03.

Bénédicte van Egeren