Une histoire, un style, une passion, une mini collection, un nom : Leslie Ferré

Véritable coup de cœur pour ses créations, ma rencontre avec Leslie avait quelque chose d’un moment suspendu dans une bulle hors du temps. J’ai voyagé au gré de son histoire, un peu comme on visite un musée et quand on en ressort, ça flashe. Oui, j’ai adoré écouter l’histoire de Leslie, de sa passion pour le stylisme, le dessin, l’art et toutes les belles choses. De ses recherches de matières, de ses adresses secrètes pour se fournir mais aussi de se rendre compte comment la mode est anxiogène et peut rapidement ôter la partie savoir-faire et épanouissement. Leslie Ferré qui en une dizaine d’années à traverser trois pays, s’est adaptée, est passée de la production en atelier à une production à la main, pièce par pièce, par elle-même. Leslie Ferré, ce sont des pièces fortes et originales, quasi uniques. J’ai déjà presque tout dit mais il en reste encore….

Leslie Ferré, une passion innée

A la fin de ses études scientifiques, Leslie continue de se rêver styliste. Elle commence à travailler pour se payer des études de stylisme! Elle débutera avec du dessin au Bozar de Nantes en cours du soir. Pour le plaisir, pour essayer mais pour ôter ses doutes sur sa passion et se lancer dans le cursus qui lui fait de l’œil depuis des années.

A regarder de plus près, la confection a toujours fait partie de sa vie. Même si ce n’était pas à un niveau professionnel, sa mère réalisait tous ses habits, et sa grand-mère était couturière. Ce n’était donc qu’une question de temps pour qu’elle bifurque elle aussi dans le milieu du textile.

Le tour du Nord

Qui la mène de Nantes à Paris, pour ses études, à la Normandie, où elle dessinera ses premières pièces dans une maison perdue au milieu de nulle part. Elle donnera vie à ses patrons en Angleterre pour revenir à Lille, relancer sa marque et étendre son débit de production. Enfin, elle posera ses valises à Bruxelles où elle calme le tempo, repart à zéro et laisse libre court à sa création dans son petit appart-atelier.

Un pas en avant, un pas en arrière

C’est en intégrant le dispositif d’aide à la création de la maison de Mode que le coup de fouet a opéré. Une mine de conseils, une visibilité et  plusieurs points de vente pour ses collections. Mais après trois ans, en travaillant 7 j sur 7, elle ne se rémunérait toujours pas. Remise en question, arrêt net et nouvelle aventure pour elle en freelance. Elle apportera sa patte dans le textile et la maroquinerie via ses dessins.

Ensuite, direction Bruxelles, son activité lui permettant de s’implanter où elle veut, et son cœur ayant flashé pour la ville, plus rien ne la retenait à Lille. Petit à petit, elle a diminué son temps de freelance et s’est réconciliée avec sa propre production. Mais dorénavant, elle a décidé de voir tout en petit, de cultiver sa passion et son savoir-faire et de ne produire qu’au rythme de ses deux mains.

Retour à la simplicité d’antan

Fini les trente pièces par modèle, majorées de trente pourcent car petite quantité produite, qui dorment en attendant de trouver quelqu’un qui les portera. Courir derrière des mètres de tissus pour s’assurer que si ça marche on pourra en refaire c’est trop, les prix sont élevés et on ne sait jamais ce qui adviendra du stock.

Elle se défait des contraintes financières : pas de stocks de matière ni de produits finis, pas de magasins, juste sa main d’œuvre. Tout se passe entre ses quatre murs, la version simple du système comme au temps de sa grand-mère.

Mais au-delà de tout, ça a vraiment du sens : paraît un processus naturel avec le fait d’être en lien direct avec tout, à toutes les étapes, du dessin au produit fini.

Grâce à des adresses secrètes à Paris

Et un gros travail de recherche depuis ses études à Paris, Leslie sait où se fournir de belles matières impayables dans des salons. A force de fidélité, un climat de confiance s’installe.

« J’ai vu ça, j’ai pensé à toi »

Tout ce travail est aussi important et occupe un temps non négligeable.

Des pièces quasi uniques

Tout simplement car elle revient en train, donc elle ne ramène que ce qu’elle sait porter à bout de roulettes. Qu’elle ne connaît pas le rendu d’une pièce avant de l’avoir confectionnée, et son but est de minimiser le risque de tissu perdu. Et que parfois il n’y a pas plus ou il n’y a plus !

Dans son atelier, elle dessine ses pièces.

Des hauts, des bas, des pulls, des vestes, des jupes, des salopettes, tout est possible. Mais ce qui la caractérise, c’est le jersey, l’unicité de ses pièces, la surprise et son carnet d’adresse pour se fournir en belles matières qu’elle met un point d’honneur à choisir dans ses boutiques fétiches.

Excitation et frénésie

Ce n’est que depuis septembre qu’elle se consacre à sa marque à temps plein et c’est pour ça qu’elle n’a fait que quelques timides apparitions sur les marchés. Mais la voici d’attaque pour la fin de l’année et la suivante !

Filez sur sa page pour voir les événements auxquels elle participe. Voici en vrac, la tricoterie (9/12), le grand marché durable (14/15/16 -12) et la lustrerie (21/22/23-12) pour les prochains week-end.

Bénédicte van Egeren

Le Labo d’Oré, un duo de choc qui soulève des montagnes

Quand j’ai vu les coussins de Labo d’Oré chez Belge Une Fois, je n’ai pas pu résister à l’envie de savoir qui se cachait derrière ces créations toutes douces au format plus qu’original. La réponse ? Deux filles super créatives qui sont parties de leur passion pour la couture et de leur environnement quotidien pour proposer quelques produits au design irrésistible. Rencontre avec Aurélie et Florence, direction Liège !

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Le Labo d’Oré, un duo de choc 

Aurélie et Florence sont toutes deux designer industriel de formation. Elles se sont plongées de manière autodidacte dans la couture pour réaliser des vêtements et ont ensuite suivi des cours ensemble. C’est Aurélie qui s’est tout d’abord lancée dans l’aventure de l’entrepreneuriat en réalisant des doudous, il y a 5 ans. N’étant pas seule sur le marché, elle a petit à petit repensé ses créations mais en s’entourant d’une amie, également collègue et belle-sœur, Florence. A côté du Labo d’Oré, elles bossent toutes les deux à temps plein comme graphiste, et sont mêmes collègues dans la vraie vie ! Les pièces sont en stock très limité puisqu’elles les conçoivent pendant leur temps libre. Chapeau !

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La recherche de tissus comme vecteur d’idées

L’histoire des coussins est née d’un coup de cœur dans un magasin de tissus. Face au tissu blanc, l’idée de la montagne est apparue directement. Le nuage a rapidement complété la gamme, le blanc tout doux, c’était une évidence. Quand le tissu a été en rupture de stock, elles ont jeté leur dévolu sur de la laine bouillie pour poursuivre cette gamme. Les montagnes sont composées au gré des tissus trouvés. Tantôt texturés, tantôt lisses, unis, colorés, bariolés, neutres, vintages, seuls la forme et les sommets enneigés persistent ! Pour les jours de pluie, le nuage a été décliné en laine grise!

Les deux formes sont proposées en deux tailles différentes. Une montagne à deux ou trois sommets, les nuages soit blanc soit gris, en petit ou grand. À vous de choisir !

Leur deuxième gamme, les sous-verres en feutre, a été inspirée de leur quotidien. Se retrouvant aux réunions de famille, 15145224_1864792210409546_72205560_ola problématique récurrente de courir derrière son verre, de se souvenir où on l’avait posé et de le distinguer des autres, les a poussé à trouver une solution originale. Habiller le pied de chaque verre d’une couleur distincte. En plus de le retrouver facilement, cette idée de génie permet aussi de limiter les taches sur la table.

Et comme décidément rien ne se perd, chez nos créateurs belges, les chutes de feutre se sont vues transformées en broches décoratives, en forme de nœud ! La petite touche couleur légère et sympathique !

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Qui fait quoi ? Comment ?

Florence découpe, assemble et prépare les formes et les coussins, Aurélie les remplit et les referme. Pour le reste, elles se rendent dans un Fab Lab, ReLab à Liège, où elles peuvent disposer d’un atelier numérique qui offre la possibilité de travailler sur une multitude de machines, dont la découpeuse lazer. Le dessin est programmé numériquement et la machine découpe. Moyennnant un abonnement, ce type d’atelier permet de disposer de tout un matériel pour lequel l’investissement serait lourd financièrement ou physiquement. C’est un lieu animé par l’intellignece collecitve au service de la créativité. Bon plan, non?

La diversification des matières

Une envie plus « graphique » les animait mais elles se retrouvaient contraintes avec la matière utilisée, à savoir le tissu et le feutre. Le bois s’est donc naturellement invité dans leurs collections. Résultat, des miroirs composés de bois et de tissus ont vu le jour ainsi que des broches en bois aux motifs variés, passés à la découpe au lazer.

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Et pour être l’heureux propriétaire ?

Elles ont commencé avec un marché de Noël, il y a deux ans. Elles sont parties avec leur stock de coussins, sous-verres et broches. Depuis, elles y sont chaque année. Si vous êtes sur Liège, c’est le marché de Noël du Hangar qui a lieu le weekend des 16, 17, 18 décembre, Quai Léonard, 43 b.

Toutes ces merveilles sont également disponibles chez Wattitude à Liège, Melting Pop à Grez-Doiceau et Belge Une Fois à Bruxelles. Il faut sauter dessus quand on les croise car derrière il n’y a pas un stock de multinationale! Néanmoins, une boutique Etsy est à l’étude !

Bénédicte van Egeren

Une maroquinerie 5 étoiles signée Michael Guérisse O’Leary

Trimballant ma maison sur mon dos, quel ne fut pas mon bonheur quand je suis tombée nez à nez avec le grand cabas « Shopper » de Michael. Simple, épuré, passe partout, sans blingbling et capable d’accueillir mon quotidien sans craquer après deux utilisations. Au fait, rien de complètement fou mais juste pas toujours facile à trouver. Le MUST ? Il respirait le vrai cuir. Pas de doute, je n’allais pas me faire arnaquer. Gros coup de cœur pour le travail de Michael Guérisse O’Leary, je vous le présente sans tarder ! Attention, addiction garantie…

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Faisons connaissance…

portraitAprès 5 ans d’études en archi à Horta (La Cambre), Michael a effectué ses deux ans de stage obligatoire. Notamment au sein d’une rédaction de magazine d’architecture, s’éloignant un peu de sa matière principale. Les deux années suivantes, il a renoué avec la créativité en recentrant son activité professionnelle. Il a travaillé auprès d’artisans, dont un maroquinier qui lui a transmis le goût et la passion qui l’ont amené à développer ses propres créations. Pour cela, il a repris des études aux Arts et Métiers afin d’apprendre et de peaufiner les techniques et connaissances qu’il avait déjà acquises sur le terrain. Petit à petit, les machines ont envahi sa maison, et sa cuisine s’est transformée en atelier.

Les premières créations ont été lancées il y a 7 ans. Depuis, la gamme s’est élargie et se dote de variantes dans les modèles existants. Les couleurs, les matières, les fermoirs, les zips, les pièces incrustées, les boucles de ceinture, toute excuse est bonne pour expérimenter et rendre la pièce unique ou presque.

Avant de travailler la peau, il faut la trouver !

Mais où trouve-t-on toutes ses merveilles ? Michael se fournit dans deux tanneries, une en Belgique et une en Italie. Le cuir est toujours tanné végétalement et possède un certificat, il se le procure déjà teint et prêt à l’emploi. A l’issue de salons, il n’est pas rare qu’il craque pour l’une ou l’autre peau venant d’Autriche ou d’ailleurs.

Mais la meilleure des adresses est sa caverne d’Alibaba, une ancienne mercerie où il peut chiner à loisir. Ramenant parfois des pièces uniques, des lots de fermoirs, des pièces décoratives, des boucles de ceintures des années 50,…Bref, un endroit pourvoyeur d’inspiration. Les pièces ainsi chinées poussent l’imagination au-delà de sa zone de confort.

« Le hasard permet de faire des choses que l’on n’aurait pas faites. »

Le principe de chinage s’applique aussi aux peaux. Elles sont toujours neuves mais peuvent venir d’une faillite ou d’une fin de stock. Ces petites quantités permettent de ne pas faire trop de volumes similaires et de miser sur l’unicité des pièces. Le revers de la médailles, c’est la frustration de ne pas pouvoir recommander. Quand c’est fini, c’est fini!

Les zip utilisés sont par contre toujours neufs et de haute qualité car c’est une pièce maîtresse qui doit s’aligner à la perfection. Ils sont même polis.

Passons aux choses sérieuses… L’assemblage !

Il va de soi que la patience, la précision et la méticulosité sont indispensables pour parvenir à des découpes parfaites, à la fixation des zips ou encore l’emboîtement dans l’axe des fermoirs. Un millimètre de décalage peut représenter des heures de travail perdues. C’est un travail impressionnant quand on y réfléchit! Pour certains travaux, il n’est pas rare qu’il se rende dans un atelier où il peut disposer des machines car certaines sont plutôt encombrantes.

Et comme de plus en plus de créateurs…

Les déchets sont les moteurs de la création. Quasi rien n’est jeté, tout se récupère. Que ce soit de par la forme des peaux ou suite à la découpe d’un sac ou autre, toutes les chutes produites sont conservées. Elles titillent l’imagination et font naître de nouvelles idées. fragment-pouch-1-bd
La pochette « mosaïque » est née de cette recherche. Son motif donne la ligne de conduite. La face avant se compose de diverses bandes de cuir, aux couleurs et textures variées, qui une fois assemblées forment une jolie mosaïque. Les bracelets et les porte-clés ont été imaginés dans cette optique. Ils constituent un moyen parfait de ne jeter aucune matière, aussi petite soit-elle, et de compléter la collection.

L’achat de lots en mercerie apporte aussi son challenge. Certaines pièces peuvent être griffées, le cas des demi-lunes ornant les pochettes « diamant ». Avec les chutes de peaux, Michael a eu l’idée de les recouvrir. Résultat, toujours la même pochette mais changement de look!

Qu’est ce qu’on shoppe ?

De jolis modèles intemporels, classes, réalisés avec soin dans des matériaux de grande qualité avec une touche de « récup ». Les hommes comme les femmes peuvent trouver leur bonheur dans les ceintures, les bracelets, les foulards, les porte-monnaie, les porte-cartes, les porte-passeport  (nouveau-né) et les porte-clés.

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Avantage pour les femmes tout de même avec les sacs et les pochettes en plus. Le choix est offert entre trois modèles de sacs, l’iconique « Shopper » (petit ou grand), le sac rond et le sac pochette.

Du côté de pochettes, il y en a également trois. La pochette « enveloppe » qui offre plusieurs déclinaison : unie (une seule couleur extérieure) ou dotée d’un rabat distinct. 3Et comme l’unicité est parfois cachée, la distinction peut se trouver dans le cuir interieur ! Une taille au-dessus, la pochette « diamant », ou zippée, se distingue dans les couleurs des zips et la forme des empiècements, que l’on retrouve à l’état brut ou recouverts de cuir. Enfin, la pochette « mosaïque », plus imposante que les autres par sa taille et ses motifs! Toutes les pochettes sont doublées pour avoir la sensation du cuir quand on glisse sa main dedans.

De la cuisine-atelier à Ernest, la boutique-atelier

En quête d’un atelier pour son activité, tout comme Aurore Havenne, ils ont décidé d’unir leurs forces. Au fil de leurs recherches et visites, leur projet s’est orienté vers l’atelier-vitrine. Qui dit vitrine dit pourquoi ne pas y vendre leurs créations et être en contact avec leurs clients? Car jusque-là, ils déposaient essentiellement leurs créations dans des boutiques, pop up,… et arpentaient les ventes de créateurs. C’est dans le quartier de la Place Sainte Catherine qu’ils ont finalement trouvé des murs accueillants. Après quelques travaux de rafraîchissement, soutenus par Atrium, ils ont ouvert Ernest. L’endroit se veut chaleureux et propice à l’échange, un petit fauteuil accueillant pour y faire un brin de causette sur les créations et leur histoire. Outre leurs collections, ils ont invité d’autres créateurs dans leur vitrine. Poussez la porte sans hésiter!

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Pour la fin de l’année, ils vous préparent plein de surprises. Chacun sur sa collection mais pas que. Bien que ne travaillant pas les mêmes matières, ils vont sortir un objet « Ernest ». De leur passion du chinage, est née une collection de verres, tous différents. Ils ont décidé de faire appel à un fabricant de bougies pour qu’il coule la cire dans chacun de ces trésors. Quatre parfums seront proposés. Sympa l’idée, non ?

Et pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se rendre Rue de Flandre, ils travaillent d’arrache-pied pour mettre tous les objets online d’ici le 26/11. Elle n’est pas belle la vie ?!

Du mardi au samedi de 11h à 19h, Rue de Flandre 57, 1000 BXL

Bénédicte van Egeren