Les cartons d’Anais, l’économie circulaire dans toute sa splendeur

Utiliser les déchets pour en faire une jolie déco, du mobilier ou le terrain de jeu des enfants, le concept d’Anais est juste génial. Avec pour instrument les cartons délaissés par les entreprises, un mètre, un crayon et de quoi couper, elle est capable de réaliser vos idées les plus farfelues.

Mais comment on décide de faire des meubles en carton ?

Avouons-le, elle est architecte ! C’est à Paris qu’elle a débuté ses créations, le soir après le boulot. Et sa première œuvre, fut le montage d’un fauteuil (je l’ai vu il tient toujours). Vinrent ensuite la table, la cabane pour enfant, et ainsi de suite les cartons ont commencé à meubler son appart et son temps.

Oui mais quels cartons ?

Vous aussi ça vous intrigue ? Quand on sait qu’elle est capable de nous construire une cabine d’essayage, on se demande donc quels sont les secrets de fabrication. Vous l’imaginez en train de scotcher trente cartons ensemble pour y arriver…en longueur, en largeur et en épaisseur ! Rien de tout ça, pas de colle, pas de papier collant, pas de clou mais juste du pliage! Et quand vous l’interrogez sur le pourquoi, elle vous répond entre autres que sinon ses cartons ne sont plus recyclables et que ça brise le cycle de la récupération. Voilà la barre du défi placée un cran plus haut pour un projet qui tend vers une cohérence maximale.

Ses fournisseurs préférés sont donc les vendeurs de vélo, scooter, et tout ce qui est encombrant et emballé pour le transport. Elle a démarché tous les commerçants de son quartier car en fonction des commandes, tous les cartons ne sont pas idéaux. Sont pris en compte  les longueurs maximales exploitables, l’épaisseur, la robustesse mais aussi la flexibilité en fonction des projets… Bref, étudier le carton, c’est plus complexe que ça ne paraît, pas vrai ???

Et donc tous ces cartons, voués à se retrouver sur le trottoir direction déchetterie, se voient vivre ou revivre.  Pour elle, il ne reste plus qu’à jongler avec les « fournisseurs » et s’assurer des stocks en quantité suffisante  car les demandes vont bon train.

La limite, c’est le carton

Il n’est pas rare de voir les clients arriver avec un petit dessin sorti de leur imagination ou celle de leur enfant, bout de papier auquel il faudra donner forme.

Quand les idées deviennent ingénieuses, un logiciel lui permet de dessiner sur pc. Grâce à cela, la visualisation est meilleure pour elle et pour le client. Il ne reste plus qu’à passer à l’étape construction.

Quelques exemples?

À son actif, qui se diversifie de plus en plus on retrouve : la déco, l’aménagement de vitrine, le lettrage, les lampes, la signalétique, les présentoirs, les stands, le mobilier enfant, les déguisements, et surtout ce qui m’a vraiment impressionné c’est cette cabine d’essayage. Pliable, démontable, avec miroir intégré et l’ajout d’un siège pour permettre un équilibre optimal à cette cabine de fortune.

Vous l’aurez compris, à tous ceux qui arpentent les salons, les marchés,…dans une démarche zéro déchet et peu encombrante n’hésitez pas à faire appel à elle. Elle pense même à louer des comptoirs de stands avec mini mode d’emploi. C’est léger, c’est chargeable seul dans une voiture, bref vous gagnez en flexibilité et en mobilité, et vous faites un beau geste pour la planète !

 

Et quand il pleut ou que le liquide est susceptible de s’inviter?

Avec sa grande cohérence, ses cartons sont à la pointe de l’éco-conception. Ils sont imperméabilisés avec une cire spéciale qu’elle concocte elle-même à base d’ingrédients naturels afin que les cartons ne soient pas imbibés de produits chimiques et toujours aussi prêt à être recyclés dans leur état le plus naturel possible.

Et cerise sur le gâteau, si vous voulez leur mettre une touche de couleurs pour un étalage ou une cabane enfant, ou tout autre montage, elle crée de la peinture naturelle caillée à partir de craies en poudres, de lait caillé et des pigments naturels ! Respect !

Vous pouvez jeter un œil à son travail sur son compte Instagram ou aller admirer ses œuvres au salon du zéro déchet à Bruxelles. Elle fait de temps en temps des ateliers pour enfants, rdv sur sa page facebook.

Bénédicte van Egeren

 

Tout se détourne, rien ne se perd dans l’univers de Phil by Philippine Henry de Frahan

Ma première rencontre avec Philippine date d’il y a plus de deux ans. Véritable coup de cœur, je n’ai cessé de la suivre, que ce soit lors de ses ventes ou pour une commande spéciale (oui oui ma collection s’agrandit et c’est devenu une addiction familiale). Je vous partage aujourd’hui cette belle découverte déco. Tout est fait handmade, essentiellement à partir d’objets dénichés par ses soins à diverses occasions. Une imagination débordante et des créations en perpétuelle évolution.

D’où vient ce goût et cette maîtrise de la déco?

Instit de formation, Philippine n’a exercé qu’un an avant de se tourner vers le privé pour ensuite claquer définitivement la porte et se lancer à son propre compte pour le plus grand bonheur de nos intérieurs. Mais d’où vient cette passion? Dès son plus jeune âge, une fois par an, elle chamboulait sa chambre et déménageait l’intégralité « pour refaire vivre l’espace et le redécouvrir». Sa mère, très branchée déco, était dans le milieu de la brocante et composait des vitrines.

Faire des choses de ses mains, chipoter, transformer les objets…elle adore. L’aventure a commencé au détour de deux pots à lait, revisités pour l’occasion. Ne servant plus de contenant, leur utilité a basculé, ils ont pris place dans un salon en guise de luminaire. De retour derrière son ordi au boulot, ses pensées turbinent, elle savait qu’elle se plantait de job. Elle décide donc de refaire une lampe avec des objets chinés. Le coup d’envoi est donné.

De la lampe au tableau, il n’y a qu’un pliage

 Les lampes, elle les a quasi toutes faites. Tout ce qui se trouve sur un étal de brocante ou dans un grenier est susceptible de se retrouver à éclairer une pièce. De la rappe à fromage au cadre de raquette, en passant par les ressorts, les livres ou bien la passoire. Le tout surmonté d’une grosse ampoule à filament et d’un fil coloré. Même si toutes les lampes sont différentes, une impression de tourner en rond s’est fait ressentir, il y a peu. Plus particulièrement dans la maîtrise de la technique. En recherche de nouveautés, de challenges et de créations,  elle s’est mise à travailler le papier. Quel est le lien ? Si on creuse, les livres sont présents depuis le début dans ses créations. Déclinés en lampe, que ce soit une pile de livre comme socle, puis un pliage qui fait office de socle. Pour ensuite arriver au livre « assiette » façon déco murale. Vous savez celles qui trônent dans la salle à manger de grand-mère ? Philippine a décidé de les remplacer par des livres en « pliage ». De là, il n’y avait plus qu’un pas pour réaliser un tableau. Vous me croirez donc si je vous dis que c’est plutôt les deux pieds joints qu’elle s’est lancée.

« Le tableau, c’est l’éclate ! »

Et voilà, message plus que clair ! Pas de doute, elle s’amuse beaucoup en les faisant et ils ont un succès de dingue. Le premier a été fait en septembre 2015. Rapidement rejoint par un deuxième, qui a été acheté pour décorer un appartement témoin. Dont elle fut la première surprise du résultat sur photo. Ni une ni deux, elle le poste sur les réseaux sociaux et se laisse porter par le flot de retours positifs. Si les débuts sont plutôt orientés livres de voyage et poche, surtout les très vieux avec des tranches colorées rouges, jaunes, verts, qui n’existent même plus.  Au détour d’un vide grenier les cartes routières et les partitions sont venues rejoindre la fine équipe des vieilles reliques.

« Quand tu vides un endroit, tu trouves des choses auxquelles tu n’as même pas pensé. C’est différent de quand tu vas acheter (même en seconde main) ou tu trouves ce pour quoi tu es venu. La stimulation est complètement différente. Partir d’une idée et trouver l’objet ou partir de l’objet et le faire vivre. »

En un an et demi, les tableaux ont déjà bien évolué. Que ce soient les pliages, la matière première ou le support. Du bois au plexi, en passant par la possibilité d’introduire un miroir. Bref, il y a moyen de chipoter et de s’améliorer tout en proposant de nouvelles choses, à l’infini. D’ailleurs, un projet de table basses est à l’étude…affaire à suivre donc !

 « C’est primordial de toujours innover, recréer quelque chose. C’est aussi bon pour toi que pour les autres. »

De ventes privées en vente privées

C’est son moyen à elle de se faire connaître, ou suivre. Comment se passent ces ventes ? Sont- elles toujours « rentables » ? « OUI, soit humainement soit financièrement mais elles apportent toujours quelque chose ». Lors de sa dernière vente, un de ses clients s’est avéré son prochain fournisseur de plexi (qui a une petite usine à Drogenbos)… Voilà un nouveau contact de créé mais qui reste différent d’un pur contact professionnel ou social… Un échange avec des réponses qui aident à avancer. Le hasard n’est-il pas bien fait ?

Les challenges de Monsieur et Madame tout le monde

Les commandes des particuliers amènent leur lot de joies et de tortures. On lui a par exemple demandé de réaliser un tableau à l’aide d’une bible…elle a donc dû apprivoiser la technique du pliage pour des feuilles de bibles qui sont au combien fines et délicates et ne se laisse pas faire comme un vieux livre de poche tout raide…Si faire quelque chose de particulier permet de développer de nouvelles choses. Le côté humain est également aussi fort présent. C’est du pur plaisir de réaliser ce type de commande, tantôt elle s’amuse tantôt elle s’arrache les cheveux! Mais ce qui est sûr, c’est que c’est un moteur de l’évolution, comme dans tout métier !

Et si vous vous demandez si elle a lu tous les livres qu’elle plie, la réponse est non! Mais il n’est pas exclu qu’elle en mette un de côté pour le lire avant de le plier. Par contre, aucune pitié pour le démonter et lui donner son nouveau statut.

Bénédicte van Egeren